Bandeau
McInformactions.net
Travail de fourmi, effet papillon...
Descriptif du site
Infomigrants
"Les migrants abandonnés dans le désert du Sahara n’ont aucune chance de survie", selon une enquête de Border Forensics
#migrants #Sahara #Niger #frontex
Article mis en ligne le 11 mai 2023
dernière modification le 10 mai 2023

L’organisation Border Forensics a publié, lundi, un rapport montrant que les migrants n’ont presque pas de chance de survie en traversant le désert du Niger vers la Libye. En cause : la criminalisation de la migration, via la loi nigérienne de 2015, qui a poussé les trafiquants à emprunter des itinéraires toujours plus éloignés des axes routiers, et donc toujours plus isolés.

Le collectif, composé notamment de chercheurs et de géographes, a démontré que depuis 2015 les migrants traversant le désert pour atteindre la Libye font face à des risques de mort accrus. (...)

Entretien avec Rhoumour Ahmet Tchilouta, membre de l’organisation et doctorant en géographie politique à l’université de Grenoble. (...)

Avec toutes ces données assemblées les unes aux autres, nous pouvons désormais affirmer que les migrants laissés dans le désert du Sahara n’ont aucune chance de survivre. (...)

Les exilés sont trop éloignés des axes routiers pour être repérés et aidés dans un temps imparti en cas d’accident. Le corps humain ne peut pas tenir aussi longtemps.

De plus, grâce à l’analyse du champ de vision, c’est-à-dire la visibilité ou l’invisibilité des routes, on prouve la corrélation entre invisibilité et dangers auxquels les migrants sont confrontés. En clair, plus les pistes sont invisibles, plus les passagers risquent de mourir. Et la cause principale des décès est toujours la même : le manque d’eau.
IM : Dans le rapport, on peut lire que le "Sahara est un tombeau à ciel ouvert". Vous dites que les corps peuvent être retrouvés des mois, voire des années après les décès…

R.A.T. : Dans le désert du Sahara, les tempêtes de sable et de vent sont fréquentes. Les traces des véhicules disparaissent rapidement. Si vous posez un objet dans le sable, il disparaîtra très vite.

C’est pareil avec les cadavres. Certaines dépouilles sont ensevelies à tout jamais. (...)

L’objectif de cette enquête est d’apporter des preuves. Depuis des années, des journalistes, des chercheurs, des organisations affirment que la loi de 2015 a entrainé beaucoup de souffrances et a rendu la route vers la Libye bien plus dangereuse. Mais il n’y avait aucune preuve.

Ce rapport permet de montrer que c’est bel et bien le contrôle frontalier qui a accentué les dangers auxquels font face les migrants sur la route entre le Niger et la Libye. (...)

Désormais une base de travail existe et sert à documenter la situation.

Mais il y a aussi un autre objectif : mettre en lumière la violence des politiques migratoires mises en œuvre au Niger. (...)

L’un des principaux partenaires du contrôle des migrations au Niger est l’Organisation internationale des migrations (OIM) : elle est partie prenante dans la construction de poste-frontières et dans le renforcement des forces de défense et de sécurité nigérienne. (...)

L’agence onusienne est le principal partenaire de Niamey. Et ce partenariat est financé par l’UE.

Les acteurs européens jouent donc, eux aussi, un rôle important. Environ 300 millions d’euros ont été alloués au Niger dans le cadre du fond fiduciaire d’urgence de l’UE.

Tous ces acteurs estiment que la mission de stopper les flux migratoires est en partie remplie. C’est faux, (...)