C’est la conclusion d’une ONG allemande, qui a publié une étude à ce propos jeudi 17 septembre.
L’exposition croissante de l’environnement aux rayonnements électromagnétiques a « probablement une influence sur le monde des insectes », estime l’analyse de l’Association allemande pour la conservation de la nature (NABU), qui s’est basée sur des données de 190 études sur le sujet.
(...) Les effets indésirables vont d’une perte de la capacité d’orientation due aux champs magnétiques à la détérioration du matériel génétique et des larves. Le rayonnement des téléphones portables et des réseaux sans fil tels que le Wifi provoquerait en particulier chez les insectes l’ouverture des canaux calciques des cellules, entraînant une importante introduction d’ions calcium dans l’organisme. Ce calcium à forte dose déclenche des réactions en chaîne chez les insectes et un « stress cellulaire », selon l’étude.
« Des études menées en Grèce montrent également que le rayonnement des téléphones portables est nettement plus nocif que le champ magnétique d’une ligne électrique à haute tension », ajoutent les auteurs du rapport.
Cette analyse intervient au moment où l’Europe souhaite déployer prochainement la technologie 5G, qui doit proposer un débit 100 fois plus rapide que celui des réseaux 4G existants et suscite de nombreuses mises en garde, en particulier des écologistes.
« Cette analyse de données montre que nous devons garder les yeux ouverts dans toutes les directions lorsque nous analysons les causes du déclin spectaculaire des insectes », explique dans la présentation de l’étude Johannes Enssle, responsable de NABU dans la région du Bade-Wurtemberg.
« Le sujet est inconfortable pour beaucoup d’entre nous car il interfère avec nos habitudes quotidiennes et il y a de puissants intérêts économiques derrière la technologie des communications mobiles », fait valoir Johannes Enssle. (...)
La biomasse des arthropodes a diminué en dix ans en Europe de 67 % dans les prairies et de 41 % dans les forêts, selon une étude allemande publiée en octobre 2019 dans la revue Nature.