« Ras-le-bol ». Plusieurs organisations appellent à une mobilisation le 9 mars contre le projet de « loi travail ». Parmi elles, Osez le féminisme pour qui « les femmes seront les premières victimes ».
Politique & Société
Loi Travail : « c’est la triple peine pour les femmes »
mardi 1 mars 2016 15:28 par Marina Fabre Laisser un commentaire
Pétition "Loi Travail Non Merci" lancée par Caroline de Haas
Pétition « Loi Travail Non Merci » lancée par Caroline de Haas
« Ras-le-bol ». Plusieurs organisations appellent à une mobilisation le 9 mars contre le projet de « loi travail ». Parmi elles, Osez le féminisme pour qui « les femmes seront les premières victimes ».
Rarement autant de collectifs et organisations syndicales aussi divers auront fait front commun. Le projet de loi du travail porté par Myriam El Khomri mobilise à gauche. Autour de la table, la CGT Jeunes, le syndicat étudiant UNEF, les jeunes communistes, les jeunes socialistes, les jeunes écologistes, le NPA, le Front de Gauche, les organisations lycéennes, Osez le féminisme, Les efFRONTé-e-s… en tout, une trentaine d’organisations se sont réunies ce mardi 1er mars.
« C’est la goutte d’eau qui fait déborder le vase »
Le but : le retrait du projet de loi du travail. Pour l’instant, la pétition lancée par la militante féministe Caroline de Haas a recueilli plus de 800 000 signatures. Un succès virtuel que les organisations espèrent convertir : le 9 mars, les collectifs appellent à une grande journée de mobilisation. (...)
Et justement, le 8 mars, OLF publiera un décryptage complet de « ce qui nuit particulièrement aux droits des femmes dans cette loi », « un 8 mars axé sur les violences économiques faites aux femmes », commente Raphaëlle Rémy-Leleu, « et en la matière, la loi travail en remet une couche ».
Pour l’instant, il s’agit surtout de noter que les femmes, plus précaires que les hommes, seront les premières victimes de la loi. « Quand on renverse la hiérarchie des normes dans le code du travail, que ça n’est plus la loi qui prime, que ça n’est plus l’accord le plus favorable qui prime, c’est une destruction de l’ensemble des droits des salariés et du coup des salariées femmes », explique la militante. « D’autant plus qu’elles sont les plus précaires, qu’elles font le plus de temps partiel, qu’elles ont malheureusement la plus grosse charge vie professionnelle-vie personnelle. »
« Après la double peine, la triple peine »
Ici, la « destruction des droits des travailleurs » est pointée du doigt. Notamment le « démantèlement systématique de la médecine du travail ». « Avec le projet de loi tel qu’on nous le présente aujourd’hui, la médecine du travail ne sera plus obligatoire et systématique mais réservée aux salariés qui occupent des postes dits à risques. Typiquement, une caissière ce n’est pas un poste dit à risques parce que les métiers les plus féminisés ont longtemps été sous-évaluée au niveau des risques psycho-sociaux. En détruisant la médecine du travail, on n’est pas prêtes d’avoir une reconnaissance de ces risques-là », estime Raphaëlle Rémy-Leleu. (...)