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Maryam Pougetoux, présidente de l’Unef à Paris-IV : « Mon voile n’est absolument pas un symbole politique »
Article mis en ligne le 20 mai 2018

Exclusif - Parce qu’elle porte le voile et qu’elle milite à l’Unef, elle a été attaquée de toute part. À BuzzFeed News, Maryam Pougetoux, 19 ans, dit son incompréhension et sa détermination.

Depuis une semaine, tout le monde ne parle plus que de sa tenue. Pourtant Maryam Pougetoux, 19 ans, aurait préféré qu’on lui parle de son engagement syndical. Depuis décembre, elle est la présidente du syndicat étudiant Unef à Paris-IV-Sorbonne, où elle étudie les lettres et les métiers de l’édition. Il se trouve qu’elle porte un voile qui lui couvre le front, les oreilles et le cou. Quand elle arrive dans les bureaux de BuzzFeed samedi après-midi, on sent très vite que l’étudiante n’a pas l’habitude d’avoir les regards braqués sur elle. Arrière-petite-fille de résistants, Maryam Pougetoux, engagée dans un syndicat progressiste, vit dans une famille musulmane qui compte « des catholiques et où les dîners se passent très bien ». Après un bac S, elle se découvre en prépa une passion pour la littérature. Elle entamera bientôt sa troisième année de licence. Et aspire un jour à travailler dans une ONG.

Peu importe pour le ministre de l’Intérieur et des Cultes, Gérard Collomb, qui lui reproche de marquer sa « différence avec la société française ». D’aucun jugent sa foi affichée incompatible avec le syndicalisme, comme le cofondateur du Printemps républicain, Laurent Bouvet, ou le député France insoumise (FI) du Nord, Adrien Quatennens. D’autres, comme la secrétaire en charge de l’Égalité entre les femmes et les hommes, Marlène Schiappa, y voient la marque d’un islam politique. Sur internet, de nombreux anonymes s’en sont violemment pris à elle, jusqu’à diffuser son numéro de téléphone. « Pathétique » juge Maryam Pougetoux, pour qui le port du voile ne devrait pas être soumis à un « oui, mais ». « Le "mais", pose un problème dans un État de droit », tance l’étudiante. Rencontre avec une jeune femme devenue, malgré elle, symbole de toutes les crispations françaises autour de la laïcité. (...)