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Mieux que la Bourse : les hommes
Article mis en ligne le 14 février 2014
dernière modification le 8 février 2014

La générosité, ça paie.

La mesquinerie, ça se paie.

C’est vrai pour les Roms. Et pour la petite Julie. La preuve par les harkis : eux avaient combattu pour la France, parlaient français pour beaucoup, saluaient le drapeau, bref, étaient prêts à « s’intégrer », pleinement « assimilables ».

Et pourtant, vingt ans après, on a abouti à un désastre dans la seconde génération : chômage record, délinquance, voitures brûlées. Et pourquoi ?
Parce qu’ils étaient « inassimilables » ? Non, à cause de notre pingrerie. Pour n’avoir pas mis le paquet, amplement, généreusement, largement, dès leur arrivée.

Va-t-on, éternellement, répéter cette histoire ? (...)

J’ai vérifié sur Internet : « Alors que la population Rom vivant en France est évaluée à 20 000 personnes, l’étude du ministère du Logement porte sur les campements illicites et le nombre de ceux qui y vivent. Elle dénombre 394 bidonvilles abritant 16 949 personnes dont plus de 4 300 enfants » (Ouest-France, 29/09/13). On nous gonfle l’air avec ça ? On est un grand pays, bordel, 65 millions d’habitants, cinquième puissance économique de la planète, un siège au conseil de sécurité de l’ONU, deux millénaires d’histoire, deux siècles de République, on a eu des guerres de ouf et des révolutions pas bidons, et maintenant on se sentirait « menacés » par 17 000 gugusses qui jouent les sourds et muets à la Gare du nord, qui poussent leur caddies de marrons chauds, qui lavent les pare-brise aux feux rouges, et qu’on déclare « inassimilables ».
Punaise, mais bien sûr, si on les tient en lisière de nos villes et de nos vies, en marge de l’école et des mairies, des piscines et des bibliothèques, et qu’en plus on envoie les flics pour raser leurs bidonvilles tous les quatre matins, c’est sûr que, « l’intégration », il va vraiment falloir brûler des cierges à Sainte-Rita, la patronne des causes perdues, pour qu’elle se fasse, « l’intégration ». Avec pareil régime, que la marmaille tourne mauvaise graine, « délinquants » et « bande organisée » plutôt que pilote d’avion à Air France, professeur agrégé de littérature médiévale ou ministre des Finances, ça risque d’assez peu surprendre les sociologues dans un quart de siècle. Alors que, bon sang, pour 17 000 bonshommes, Marianne, notre copine, avec son sein généreux, elle peut te les nourrir, loger, éduquer dix fois. D’autant que, d’après la Cour des comptes, le coût d’une expulsion s’élèverait à 20 970 €…

Mais c’est une sale habitude faut croire, la pingrerie. (...)

Je voudrais souligner ça : il s’agissait de harkis, qui avaient combattu pour la France. Ils parlaient français pour beaucoup, buvaient de l’alcool certains, bouffaient du porc, baptisaient leurs enfants « Marcel » plutôt que « Mohamed » quand les Assistantes sociales le souhaitaient, se seraient faits tatouer un drapeau tricolore sur le derrière si nécessaire, bref, étaient prêts à « s’intégrer ». Et pourtant, vingt après, on a abouti à un désastre : chômage record, délinquance, voitures brûlées, drogue dans la seconde génération. On a réussi cet échec, se mettre à dos une population pleinement « assimilable » ! Et pourquoi ? À cause de notre pingrerie. Pour n’avoir pas mis le paquet, amplement, généreusement, largement, dès leur arrivée. (...)

Et l’on pourrait citer, cinquante ans plus tard, le jugement de notre médecin, lucide : « Cette collectivité vivant entassée, sans confort, sans contacts extérieurs aura du mal à s’assimiler et à s’intégrer ».