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Le Monde
« Mon combat, c’est d’être régularisé » : Moussa, victime collatérale de l’ouverture illégale d’un restaurant à Nice
Article mis en ligne le 31 janvier 2021

Le cuisinier sans papiers, contrôlé par les forces de l’ordre lors de l’ouverture du Poppies, le 27 janvier, à Nice, a trente jours pour quitter le territoire. L’Ivoirien de 34 ans est en France depuis dix ans.

Si tant est que la vie de sans-papiers permette une forme de stabilité, Moussa aurait souhaité continuer la sienne à l’abri des regards, « comme je l’ai toujours fait », souffle l’Ivoirien de 34 ans. En France depuis dix ans, ce cuisiner en situation irrégulière se retrouve malgré lui dans la tourmente après que son patron, Christophe Wilson, un restaurateur de 50 ans, a décidé d’ouvrir son restaurant situé dans le centre-ville de Nice, mercredi 27 janvier, bravant les restrictions sanitaires au nom de la « désobéissance civile ».

Moussa en a payé le prix fort : contrôlé par les forces de l’ordre alors qu’il se trouvait en cuisine, il a été placé en rétention avant d’être relâché, muni d’une obligation de quitter le territoire français. Celle-ci a été assortie d’une interdiction de retour de deux ans, précise la préfecture des Alpes-Maritimes. « Je risque de tout perdre, mon boulot, mes droits. Et me retrouver à la rue », résume-t-il pudiquement auprès du Monde, sans cacher l’angoisse qu’a provoquée chez lui l’attention médiatique dont il fait l’objet ces derniers jours. (...)

De son côté, le patron du Poppies a été placé en garde à vue pour recours au travail d’un étranger sans titre, puis « convoqué pour rappel à la loi devant un délégué du procureur », rapporte au Monde Xavier Bonhomme, procureur de la République de Nice. (...)

Une procédure relative à la fermeture administrative de son établissement est actuellement en cours d’instruction, précise par ailleurs la préfecture des Alpes-Maritimes. (...)

Moussa, lui, a en principe trente jours pour quitter la France. « Mon combat, c’est d’être régularisé », appuie-t-il, accompagné dans ses démarches par la CGT. « Toute ma vie est ici », dit le cuisinier. Vendredi, Gérard Ré, secrétaire général de l’union départementale du syndicat, a adressé un courrier au préfet des Alpes-Maritimes, Bernard Gonzalez, lui demandant une entrevue. Le ministère de l’intérieur a aussi été sollicité pour faire avancer son dossier. Le travailleur envisage enfin de contester son obligation de quitter le territoire devant le tribunal administratif. (...)