L’intervention violente de la police pour évacuer un amphi occupé par des étudiants, suivie de la fermeture du campus de la Victoire ce mercredi, ont suscité l’indignation. Mais alors que la direction du collège Science de l’Homme et les enseignants appellent au dialogue, l’Université de Bordeaux interdit l’accès à ses locaux à plusieurs opposants à la loi Vidal. Une manifestation aura lieu ce jeudi.
« La direction du Collège, les directeurs des facultés désapprouvent les actes de violence qui se sont produits hier soir (mardi, NDLR) envers les étudiants qui occupaient les locaux et souhaitent la reprise du dialogue dans les meilleures conditions et le plus rapidement possible. Nous avons sollicité la présidence de l’Université en ce sens (…) », ont écrit ce mercredi les dirigeants du site Victoire.
Même requête formulée par les personnels de la Faculté de sociologie. Ils critiquent l’intervention de la police pour déloger d’un amphi quelques dizaines d’opposants à la loi Vidal et « condamnent la violence tant verbale que physique de cette agression » :
« Nous estimons que l’envoi des forces de l’ordre était inapproprié et disproportionné au regard de la nature du mouvement et de la volonté de dialogues des étudiant.e.s. Par ailleurs, nous constatons que les dégradations évoquées pour justifier l’intervention n’ont pas eu lieu. Il est inacceptable que l’intervention policière ait donné lieu à des blessures physiques (deux hospitalisations) et psychologiques, et que la police ait proféré des injures à caractère raciste, sexiste et homophobe à l’encontre des étudiant.e.s. »
« L’université a mis les étudiants en danger »
22 doctorants membres du Collectif Marcel Mauss se sont aussi élevés « contre la répression de la mobilisation actuellement en cours au sein de l’université de Bordeaux ». Invoquant « le droit de chacun.e à exprimer ses revendications et à se mobiliser pour défendre ses opinions », ils appellent à un rassemblement ce jeudi à 12h30 sur le parvis du site de la Victoire :
« Nous constatons que l’université a non seulement failli à son devoir d’assurer la sécurité des étudiant.e.s, mais a également participé, en toute connaissance de cause, à leur mise en danger. Nous estimons cette intervention disproportionnée et les justifications données par la présidence infondées. Contrairement à l’argument initial porté par la direction, aucune dégradation des locaux n’a pu être observée. En revanche, les conséquences sur les personnes, elles, sont bien réelles. Suite à son hospitalisation, un étudiant a été mis en garde à vue et devra comparaître au tribunal. (…) Nous réclamons l’abandon immédiat des poursuites judiciaires contre l’étudiant inculpé et des explications sur les responsabilités de l’Université de Bordeaux. » (...)
Estimant que « les motifs invoqués sont grotesques », notamment « ces dégradations matérielles dont nous n’avons aucune preuve », OSB IV annonce son intention de monter un recours juridique. Et appelle aussi à manifester ce jeudi à 12h30.
