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le Point
Morales dénonce un coup d’Etat dû aux richesses en lithium de son pays
Article mis en ligne le 26 décembre 2019

En exil à Buenos Aires, l’ex-président bolivien Evo Morales a accordé un entretien exclusif à l’AFP dans lequel il dénonce un coup d’Etat perpétré en raison des richesses en lithium de son pays. Il indique également que le candidat de son parti pour l’élection présidentielle de 2020 sera choisi mi-janvier.

Premier président indigène de Bolivie, M. Morales a démissionné le 10 novembre après avoir été lâché par l’armée et sous la pression de manifestations de l’opposition, qui contestait sa réélection au premier tour pour un quatrième mandat. La crise post-électorale en Bolivie a fait une trentaine de morts et des centaines de blessés.

Q : Comment s’organise votre vie politique depuis Buenos Aires ? Etes-vous en campagne ?

R : "Nous organisons des réunions, nous recevons des visites. Le dimanche 29, il y aura une réunion (du parti Mouvement vers le socialisme, MAS) à Buenos Aires. De là, nous allons organiser un rassemblement pour choisir le candidat à la présidentielle. Le rassemblement devrait avoir lieu le 15 janvier, dans plus ou moins deux semaines. Il se déroulera en Bolivie ou en Argentine, ce sera un grand rassemblement (...)

"Il faudra une mission (d’observation) internationale, d’organismes internationaux comme le Centre Carter, ou un conseil de Prix Nobel de la Paix, le pape François, les Nations unies ou quelqu’un de reconnu dans le monde. Malgré tant de diffamation et de persécution et l’absence pour l’heure de candidat, nous sommes toujours en tête des sondages (faits par) la droite, ce qui est surprenant. Si le MAS gagne, les résultats de l’élection devront être respectés. Nous les respecterons". (...)

Q : Vous dites que vous avez été victime d’un coup d’Etat, à quoi l’attribuez-vous ?

R : "C’est un coup d’Etat national et international. Fondamentalement, c’est un coup d’Etat dû à deux choses : au fait que nous pouvions être une alternative, une référence en nous libérant des diktats du gouvernement des Etats-Unis. Les pays industrialisés ne veulent pas être concurrencés. Nous avons commencé à remplacer les importations. Et je suis absolument convaincu que c’est un coup d’Etat pour le lithium. Nous avons commencé l’extraction industrielle du lithium en tant qu’Etat (...). En tant que petit pays de 10 millions d’habitants, d’ici peu nous allions définir le prix du lithium. On sait que nous avons les réserves les plus importantes au monde, 16.000 km2 de lithium". (...)