Lire ça un 11 novembre en buvant son café… Sur 10.698 votants à 8 heures du matin, 57% refusent de « donner » pour venir en aide aux survivants du typon qui vient de traverser les Philippines. Il y a donc environ 6.000 personnes qui en ayant lu ce titre : Typhon : les Philippines comptent leurs morts… au moins 10.000 morts ; et ben « eux », ces bons français, lecteurs d’un « journal » conservateur, catholique, gaulois, s’en tapent le coquillard de ces monceaux de cadavres, de ces familles séparées et détruites, de ces villes rasées… RIEN ! Ils, elles tournicotent leur tartine dans l’bol et se disant pas d’bol pour ces niakoués des antipodes, on tourne la page et basta… Pourtant, comme ya un sondage et qu’ça mange pas d’pain, on va se faire un plaisir de répondre, car, oui, je le vaux bien ! « Etes vous prêt à donner pour aider les victimes du typhon aux Philippines ? » NON !!!
(...) Ce qui différencie, l’homme de l’animal, est sa capacité à prendre soin des plus faibles, de ne pas les éliminer. C’est pour cela que l’espèce humaine a dû faire des efforts énormes de créativité afin que nous puissions avancer et ne pas suivre la loi naturelle de l’élimination naturelle des plus faibles.
Bref, cela s’appelle la réversion. (...)
Les conservateurs ont inventé une théorie fumeuse, faux cul : le « Darwinisme social ». En clair selon eux, tout ce qui est en bas, faible, inutile doit être éliminé sans remords. Pourtant, le plus concerné, Darwin, lui, avançait que la protection des plus démunis avait conduit l’humanité à la rendre très puissante. « La compassion, le regret, le remords, la culpabilité, bref, tout ce qui cimente une culture a développé chez l’homme un avantage adaptatif décisif »[i]. La réversion, c’est, jouer collectif, venir au secours, être désintéressé, avoir de l’empathie… En lisant son journal le matin avec le chiwawa qui frétille de la queue, bien installé au chaud, avec la retraite qui tombe, payée, aussi, par ces travailleurs immigrés qui cotisent… Comment peut-on dire non ? Je ne vous aiderai pas !
J’ai développé une totale aversion envers l’armée et les guerres lorsque ado, j’ai lu Le Feu d’Henry Barbusse et A l’ouest rien de nouveau de Erich Maria Remarque et en ce 11 novembre, 99 ans après la fin de la grande boucherie, je salue bien bas ces 8 millions de morts, au champs d’honneur de la connerie et des souffrances abominables endurées. Alors lire ce même jour, ça… Chers lecteurs du Figaro (57%), Il faut croire que beaucoup d’entre vous n’ont rien compris, rien appris, n’ont rien… Et pis merde finissez de beurrer la tartine, c’est en fait ce que vous avez fait de mieux jusqu’à là ; étaler la confiture !