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Non, s’opposer aux grands projets inutiles n’est pas du "terrorisme"
Article mis en ligne le 29 janvier 2014

Les opposants italiens au Lyon-Turin, sont accusés de "terrorisme" par les magistrats transalpins. Le mouvement No-Tav rappelle le droit naturel et constitutionnel de s’opposer aux décisions des gouvernements en faveur des puissants, des lobbys, des banques et de la mafia.

La coordination des comités du Mouvement NoTav réunie le mercredi 8 Janvier 2014 à Villar Focchiardo,

a évalué attentivement la situation juridique gravissime créée suite aux dernières arrestations de Chiara, Claudio, Mattia et Niccolò, pour lesquels s’est construit un château de chefs d’accusation étudié justement pour intimider toutes les sacro-saintes luttes qui, aussi grâce au mouvement NoTav, sont en train de grandir dans tout le pays ;

a effectivement remarqué que dans le dossier d’instruction les enquêteurs, en insistant sur le plan strictement juridique, soutiennent une thèse clairement politique. En s’appuyant sur un bref historique des actes légaux et des sommets internationaux qui ont permis l’installation du chantier de Chiomonte en Val de Susa, les magistrats soutiennent qu’il s’agit d’une élaboration démocratique.

L’action contre le chantier – en lien avec l’énumération de pratiques d’opposition dont l’épais dossier fournit une longue liste – est définie comme « terroriste » pas tellement pour ses caractéristiques spécifiques, mais par le fait qu’elle s’oppose à l’aspect démocratique d’une décision intergouvernementale. Toutes les décisions imposées par l’État ont un emballage légal, ce qui veut dire qu’elles sont formellement basées sur le droit. Tout ce qui met réellement en discussion un projet étatique est donc passible de « terrorisme ».

Il reste seulement le désaccord platonique, et la réduction à un mouvement d’opinions. Donner un caractère concret à son propre NON, qui au fond est la caractéristique essentielle du mouvement No Tav, devient donc antidémocratique. Le totalitarisme parle aujourd’hui un langage différent : « Nos décisions démocratiques ne te plaisent pas ? Tu es un terroriste, je t’enferme en prison et je jette la clé ». (...)