La première ministre danoise, Mette Frederiksen, n’a pas mâché ses mots en affirmant vouloir poursuivre une politique visant "zéro demandeur d’asile". Le pays ne croule pourtant pas sous les demandes de protection internationale. En 2020, environ 1 500 personnes ont demandé l’asile au Danemark, le chiffre le plus bas depuis 1998.
Le petit pays nordique de 5,8 millions d’habitants ne fait pas mystère de sa volonté de décourager les migrants à venir s’y réfugier. La Première ministre danoise, Mette Frederiksen, a affiché ouvertement son objectif pour le pays : "zéro demandeur d’asile". Le pays ne compte pourtant que 20 000 réfugiés sur son sol.
"Nous ne pouvons pas promettre zéro demandeur d’asile, mais nous pouvons bien expliquer notre vision", a déclaré la ministre sociale-démocrate lors d’une séance de questions au Parlement qui souhaite ainsi maintenir le cap d’une politique d’accueil très restrictive.
En 2020, environ 1 500 personnes ont demandé l’asile au Danemark, le chiffre le plus bas depuis 1998, qui s’explique notamment par la crise sanitaire liée à la pandémie du coronavirus.
"Nous devons nous assurer que peu de gens viennent dans notre pays"
Le Danemark avait subi de plein fouet, comme beaucoup de pays européens, la crise migratoire il y a cinq ans. Le pays avait reçu 21 000 demandes d’asile sur l’année 2015 (environ 11 000 protections ont été accordées), ce qui - proportionnellement à sa population – en avait fait l’un des pays européens les plus accueillants en matière de réfugiés. Mais il n’était pas le seul : son voisin suédois a accueilli, sur la même période 163 000 réfugiés pour 10 millions d’habitants. (...)
Centres de tri pour migrants
L’année dernière, le pays menaçait aussi d’expulsion des réfugiés syriens : Copenhague considère que la Syrie est un pays "sûr".
En 2017, Mette Frederiksen avait aussi présenté un projet prévoyant de renvoyer les migrants "non occidentaux" dans des camps africains, des centres de tri pour migrants.
Et en 2016, le Danemark s’était déjà illustré par sa politique stricte anti-migrants quand il avait imposé une taxe pour les migrants entrant dans le pays. La loi controversée permettait de confisquer aux demandeurs d’asile argent et biens de valeur pour financer leur séjour.