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Quand habiter dans un gratte-ciel de luxe se transforme en enfer
Article mis en ligne le 19 février 2021
dernière modification le 18 février 2021

Avec sa silhouette élancée et ses 426 mètres de haut, le 432 Park Avenue fut brièvement l’un des plus hauts gratte-ciels résidentiels du monde, avant d’être détrôné par le Central Park Tower (lui aussi situé à New York) et ses 472 mètres.
Six ans après sa construction, l’immeuble accueillant de somptueuses suites et appartements, dont le plus haut a été vendu pour la modique somme de 88 millions de dollars (72,6 millions d’euros), fait l’objet d’un vif contentieux entre ses propriétaires et les développeurs du projet, CIM Group et Lendlease.

(...) Dégâts des eaux dus à des ruptures de plomberie, ascenseurs en panne, murs qui se lézardent, bruits variés occasionnés par le vent... l’habitation dans la tour serait devenue un véritable enfer.
Le New York Times se fait ainsi l’écho de nombreux résidents se plaignant de malfaçons.
(...) Mal de l’air

Les forts vents peuvent aussi faire osciller la tour, qui peut alors se déplacer de 60 centimètres horizontalement à son sommet. De quoi donner le mal de mer –en l’occurrence le mal de l’air.
Les résidents se plaignent également du bruit, décrivant des grincements, claquements et cliquetis dans leurs appartements, ainsi que le vacarme d’un « toboggan qui ressemble à une bombe lorsque les déchets sont jetés dans le vide-ordures », d’après les notes d’une réunion de propriétaires datant de 2019.
Tous ces problèmes sont couplés à une hausse significative des dépenses : les charges ont grimpé de 40% en 2019 en raison des réparations et du renchérissement de l’assurance.
(...) Aujourd’hui, les propriétaires sont divisés en deux groupes, une quarantaine d’entre eux étant décidés à obtenir réparation et à faire baisser les coûts, tandis que d’autres qualifient de « malencontreuses » les tentatives de résidents de faire appel à un avocat contre les promoteurs.
« Chacun se déteste cordialement dans cet immeuble », dénonce Sarina Abramovich, qui reconnaît toutefois que ces problèmes de riches ne vont pas faire pleurer dans les chaumières.
Le gratte-ciel était finalement peut-être prédestiné : l’architecte uruguayen Rafael Viñoly, à l’origine de sa conception, avait affirmé s’être inspiré d’une poubelle.