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Toulouse : l’université Jean-Jaurès vers l’un des blocages les plus durs de son histoire au Mirail
Article mis en ligne le 5 avril 2018

Des étudiants et personnels grévistes de l’Université Jean-Jaurès, à Toulouse, ont voté mardi 3 avril 2018 la poursuite du blocage total du campus jusqu’au vendredi 6 avril. Un blocage déjà historique.

D’abord l’Idex, maintenant la sélection à l’université

Cela fait maintenant un mois, depuis le 7 mars 2018, que le campus situé quartier du Mirail, est paralysé de la sorte. Dans un premier temps, les étudiants et personnels grévistes mettaient en avant leur opposition au projet Initiatives d’excellence (IDEX), qui a finalement été retoqué par un jury international le 19 mars. (...)

Depuis le « gadin » du projet toulousain, le mouvement n’a pourtant pas baissé d’intensité. L’Union des étudiant(e)s de Toulouse (UET) s’en explique :

Nous estimons que le projet de « fusion » de l’université de Toulouse n’est qu’en mode pause et qu’il n’est en rien abandonné. Nous attendons un engagement écrit de la part de l’administration. Pour nous, les élections qui doivent élire un nouveau conseil d’administration, c’est un peu la carotte au bout du bâton. Le dernier conseil d’administration que nous avons élu était issu d’une liste « anti-fusion », ce qui ne l’a pas empêché de trahir le mandat pour lequel il avait été élu.

Passer des examens au final
Leur revendications locales sont claires : ils veulent repousser les élections de juin à septembre 2018 et avant cela permettre aux étudiants de passer leur examens dans le cadre d’examens terminaux dont les modalités seraient établies par une commission comprenant, pour chaque matière, des représentants des enseignants, des personnels BIATSS (Bibliothèques, ingénieurs, administratifs, techniciens, de service et de santé) et des étudiants.

Farah, syndiqué à l’Union des étudiant.e.s de Toulouse (UET), relève :

Ces examens ne pourront pas se tenir dans des conditions normales, vu les cours qui n’ont pu se tenir depuis plusieurs semaines, mais nous souhaitons que les examens puissent avoir lieu dans le cadre de contrôles terminaux. Et donner 10/20 à tout le monde n’est pas une proposition à envisager, car de nombreux étudiants vont devoir faire face à une sélection pour passer en Master par exemple.

Désormais, leur mouvement se cristallise également autour de thématiques nationales, notamment la sélection instaurée par la nouvelle plateforme Parcoursup, suite à l’année de terminale.

Faire converger les revendications

Les grévistes entendent au final mêler toutes ces revendications avec celles des autres professions en grève, notamment les cheminots. Ils participaient mardi 3 avril 2018 à la manifestation toulousaine dans le cadre du mouvement de grève national. (...)

L’état du campus se dégrade

Après plusieurs semaines d’un blocus total, le mouvement divise plus que jamais la communauté étudiante et les professeurs, sans pouvoir distinguer de quel réel soutien peuvent se prévaloir les grévistes, tant sur le fond de leur revendications que sur la forme dure prise par le blocage.

Un blocage qui engendre des dégradations régulières sur le campus (tags, mobilier abîmé, distributeurs de denrées alimentaires détruits) « sans qu’aucune preuve matérielle ne puisse prouver que les dégradations sont l’œuvre de personnes engagées dans le mouvement étudiant », souligne l’UET. (...)