Alors que le trafic aérien a chuté de près de 90% en septembre 2020 par rapport à l’an dernier, selon l’Association internationale du transport aérien (IATA), de nombreuses compagnies luttent pour leur survie.
Certaines proposent des « vols vers nulle part » en réponse à la fermeture des frontières, tandis que d’autres vendent des produits dérivés ou transforment leurs avions en cafétérias.
Mais le salut réside surtout dans le boom du fret, dont la demande reste vigoureuse, avec notamment les exportations de matériel médical et de nourriture.
Or, près de la moitié des marchandises transportées par avion empruntent en réalité des avions de ligne classique en temps normal. « Cela signifie que les passagers de retour de vacances en Grèce peuvent partager leur vol avec de la fêta ou du cabillaud », illustre le site CNBC.
Pénurie
La chute du trafic touristique affecte donc directement les capacités du transport cargo. Malgré l’accroissement du nombre de vols spécifiquement dédiés, la flotte d’avions cargo n’est pas indéfiniment extensible et les capacités de fret sont en baisse de 25% sur un an. (...)
Ce bouleversement du transport aérien n’est en tous cas pas une bonne nouvelle pour la planète. Les trajets cargo s’effectuent en effet sur de plus longues distances et avec des avions plus lourds et donc plus consommateurs de kérosène.
Selon une analyse du Royal Netherlands Aerospace Centre portant sur les vols au départ et à l’arrivée de l’aéroport d’Amsterdam-Schiphol (une des principales plaques tournantes du fret aérien mondial), les émissions de CO2 du secteur aérien ont baissé de seulement 55% entre mars et septembre 2020, alors que le trafic global enregistrait lui une chute de 67%.
À cela s’ajoute le fait que les vols passagèr·es affichent un taux de remplissage divisé par deux, ce qui double mécaniquement les émissions de CO2 par personne transportée.