La plupart du temps légales, les pratiques d’influence au cœur de l’enquête internationale « Uber Files » devraient faire l’objet d’une transparence et de contrôles accrus, jugent de nombreux spécialistes.
« Les fonctions d’Emmanuel Macron l’ont naturellement amené à échanger avec de nombreuses entreprises. » L’Elysée n’a pas souhaité répondre dans le détail aux révélations des « Uber Files », notamment sur la proximité entre les lobbyistes d’Uber et le président, du temps où il était ministre de l’économie. Mais son commentaire reprend un argument récurrent parmi les nombreux responsables politiques interrogés par Le Monde sur ce dossier : il n’y aurait rien d’anormal à rencontrer des dirigeants d’entreprise ou des lobbyistes dans le cadre des dossiers dont ils ont la charge.
En réalité, le débat soulevé par cette enquête ne porte pas tant sur l’existence d’échanges entre responsables politiques et entreprises privées que sur l’opacité quasi totale dont ils sont recouverts. (...)
De ce point de vue, les « Uber Files » donnent le vertige. De l’extérieur du gouvernement, personne en France ne pouvait imaginer qu’Emmanuel Macron et ses équipes avaient entretenu une relation aussi étroite avec Uber, avec au moins une quarantaine d’échanges entre 2014 et 2016. (...)
Dans certains pays, comme aux Etats-Unis, les responsables publics sont tenus de déclarer leurs rencontres avec des représentants d’intérêts. Pas en France, où les ministres et parlementaires n’ont aucune contrainte de la sorte.
Des progrès ont tout de même été accomplis ces dernières années, avec la création de la Haute Autorité pour la transparence de la vie publique (HATVP), qui contrôle depuis 2014 les éventuels conflits d’intérêts des parlementaires et des ministres. (...)
Les failles de la loi restent cependant nombreuses. Le contenu des déclarations des lobbyistes est lacunaire et imprécis (...)
Alors là, si : tout le monde l'imaginait, le savait, ces liens de Macron avec Uber, avec Sanofi, avec Amazon, avec Arnault, avec McKinsey, etc. Simplement, là, c'est prouvé. Simplement, là, le sommet de l'iceberg d'un Président dans la main des lobbies apparaît. #UberFiles https://t.co/OjV76Dmb3s
— François Ruffin (@Francois_Ruffin) July 11, 2022