De plus en plus de migrants tentent la traversée de la mer Méditerranée depuis l’est de la Libye. Preuve en est, un vieux bateau de pêche, parti de Tobrouk avec plus de 500 personnes à son bord, a été intercepté, mardi 29 novembre, à 60 kilomètres au large de la grande ville de l’est libyen, a indiqué Refugees of Libya.
(...) "Dans le bateau se trouvaient plus de 240 mineurs égyptiens, 11 femmes syriennes et des bébés âgés d’un an et quatre mois", a précisé le compte Twitter Refugees in Libya, indiquant que "parmi les personnes interceptées figuraient 109 Syriens et 413 Égyptiens".
Les Égyptiens auraient déclaré "fuir le régime [d’Abdel Fattah] al-Sissi". La frontière égyptienne se trouve à moins de 140 kilomètres de Tobrouk.
Multiplication des départs depuis Tobrouk
Contactée par InfoMigrants, l’Organisation internationale pour les migrations (OIM) ne dispose pas d’information sur cette opération. Mais d’après Federico Soda, chef de mission Libye auprès de l’OIM, ce nouveau départ s’inscrit dans "une tendance observée" par son organisation.
Selon différentes sources contactées par InfoMigrants, le bateau de migrants arrivé en Grèce le 22 novembre, après une opération de sauvetage, avec près de 500 personnes à son bord était bien parti de Libye. Le navire se dirigeait vraisemblablement vers l’Italie. Il aurait ensuite dévié de sa route en raison d’un problème, jusqu’à se retrouver en Grèce. (...)
"Personne ne coordonne d’opérations de recherche dans cette zone"
Un autre facteur expliquerait ce choix. Dans l’est de la Libye, les opérations d’interceptions en mer sont plus rares. "L’Est est beaucoup moins développé sur les questions [d’interceptions de bateaux de migrants]", a affirmé une source anonyme et proche du terrain à InfoMigrants. "Personne ne coordonne d’opérations de recherche et de sauvetage dans cette zone. Les migrants naviguent calmement au milieu de la nuit et ne reviennent pas."
Le cas du bateau du 29 novembre et ses 500 passagers arrêtés serait donc une exception. D’après Federico Soda, il se pourrait, dans le cas de l’opération du 29 novembre au large de Tobrouk, que le gouvernement de l’est ait subi des pressions européennes ou italiennes. (...)
En Libye, deux gouvernement rivaux se disputent le pouvoir. À l’est du pays, le chef de file est le maréchal Khalifa Haftar. À l’ouest, il s’agit du gouvernement reconnu par la communauté internationale, basé à Tripoli et dirigé depuis 2021 par Abdelhamid Dbeibah. Le bataillon Tarik Bin Ziad de Tobrouk, qui a intercepté le bateau du 29 novembre, pourrait dépendre l’armée du maréchal Haftar. (...)