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l’Humanité
Violences sexuelles. #MeTooInceste #MeTooGay : le patriarcat en accusation
Article mis en ligne le 25 janvier 2021

« Il y a savoir et il y a entendre, lire et compter. Violences sexuelles massives contre les femmes, les enfants, les hommes gay. Et une question de civilisation : comment fait-on pour que les hommes cessent de violer ? » Après ce message posté sur Twitter, samedi soir, la militante féministe Mélusine a vu son compte suspendu par la plateforme numérique privée. Un paradoxe après le raz de marée sur les réseaux sociaux de paroles libérées derrière le hashtag #MeTooInceste, le week-end dernier, suivies, depuis jeudi, par les révélations d’agressions sexuelles et de viol sur des hommes gay, réunis sous un même mot référence #MeTooGay.

Alors que les cyber-harcèlements contre les féministes sont monnaie courante et que les activistes masculinistes ne sont pas suspendus, le blocage du compte de Mélusine n’a fait que raviver en ligne la remise en question du patriarcat dans notre société. (...)

Les violences sexuelles sont exercées à 90 % par des hommes, sur les femmes, sur les mineurs et sur d’autres hommes. Comme le rappelait, en 2019, l’enquête Ipsos/Mémoire traumatique et victimologie, « une femme sur 6 et 1 homme sur 20 ont subi au moins un viol ou une tentative de viol dans leur vie, dans plus de 60 % des cas en tant que mineur.e.s. ». Près d’un tiers des Français connaissent au moins une victime d’inceste dans leur entourage. Pour la première fois, en 2020, l’enquête Virage (Violences et rapports de genre), éditée par l’Institut national d’études démographiques, consacrait un chapitre spécial aux violences subies par les lesbiennes, gays, bisexuel.le.s et trans en raison de la « surexposition des minorités sexuelles à la violence ». Et comme l’explique depuis des années la psychiatre Muriel Salmona, « il ne s’agit pas d’amour mais d’exercice de la domination », encouragé dans notre société par la culture du viol, ces mythes et stéréotypes sexistes qui déresponsabilisent et excusent les agresseurs. Un problème systémique.

« Le courage des femmes nous a montré le chemin »

C’est aussi ce que dénonce depuis jeudi le #MeTooGay à travers les témoignages d’homosexuels violés et agressés sexuellement en tant qu’enfants ou jeunes adultes. (...)

Les violences sexuelles sont exercées à 90 % par des hommes, sur les femmes, sur les mineurs et sur d’autres hommes. Comme le rappelait, en 2019, l’enquête Ipsos/Mémoire traumatique et victimologie, « une femme sur 6 et 1 homme sur 20 ont subi au moins un viol ou une tentative de viol dans leur vie, dans plus de 60 % des cas en tant que mineur.e.s. ». Près d’un tiers des Français connaissent au moins une victime d’inceste dans leur entourage. Pour la première fois, en 2020, l’enquête Virage (Violences et rapports de genre), éditée par l’Institut national d’études démographiques, consacrait un chapitre spécial aux violences subies par les lesbiennes, gays, bisexuel.le.s et trans en raison de la « surexposition des minorités sexuelles à la violence ». Et comme l’explique depuis des années la psychiatre Muriel Salmona, « il ne s’agit pas d’amour mais d’exercice de la domination », encouragé dans notre société par la culture du viol, ces mythes et stéréotypes sexistes qui déresponsabilisent et excusent les agresseurs. Un problème systémique.
« Le courage des femmes nous a montré le chemin »

C’est aussi ce que dénonce depuis jeudi le #MeTooGay à travers les témoignages d’homosexuels violés et agressés sexuellement en tant qu’enfants ou jeunes adultes. (...)

Mais après cette succession de vagues de témoignages, qui toutes s’associent au mouvement ­#MeToo, peut-on encore sérier les situations, les traiter au cas par cas ? Non, toutes ces ignominies sont permises par un même système, entraînées par une culture du viol qui autorise un continuum de violences allant du harcèlement au viol et au féminicide. Il est temps, comme le réclament responsables et associations, de former les enseignants, les médecins, les magistrats, les avocats, les gendarmes et policiers, la société tout entière, pour inverser ce modèle patriarcal destructeur.