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Afrique XXI
Afrique-France. La com d’Emmanuel Macron vue du Kenya
#France #Macron #Kenya #Afrique
Article mis en ligne le 3 juin 2026
dernière modification le 1er juin 2026

Reportage · Le sommet « Africa Forwards » des 11 et 12 mai à Nairobi, considéré comme une réussite par Paris et qui célèbrerait la nouvelle relation entre la France et le continent, est perçu sur place comme une réorientation de la « Françafrique », dont les objectifs restent les mêmes : l’influence et l’extractivisme.

Au Bunge la Mwananchi (« Parlement du peuple ») – un forum public informel très prisé des jeunes Kényans diplômés et sans emploi qui s’y rassemblent pour débattre de politique et des excès du gouvernement –, beaucoup considèrent la France comme une puissance extractiviste cherchant à étendre son influence en Afrique de l’Est après ses revers en Afrique de l’Ouest.

« La mentalité de Paris ne change jamais »

Parmi les détracteurs les plus virulents figure Robert Kiberenge, membre influent du Parlement du peuple et autoproclamé « Premier ministre ». Dans une vidéo enregistrée pendant les débats à Jeevanjee Gardens, Kiberenge met en garde le président Ruto contre toute alliance avec Macron, affirmant que la France est de plus en plus mal vue dans certaines régions d’Afrique et que l’accueil du dirigeant français allait à l’encontre de l’esprit du panafricanisme. (...)

Interrogé après le sommet pour savoir si sa position avait évolué à la suite des promesses faites par la France en matière d’investissements, Kiberenge confie à Afrique XXI ne pas avoir changé d’avis : « La mentalité de Paris en matière d’exploitation des ressources africaines est comme les taches d’un léopard : elle ne change jamais. » « Ce sommet n’est qu’un de plus dans une longue série de forums dont rien de concret ne ressort jamais », poursuit-il. Kiberenge rappelle des engagements antérieurs par d’autres puissances occidentales, comme les États-Unis sous Joe Biden, ou encore les sommets sur le climat, qui, selon lui, ont produit davantage de symboles que de transformations concrètes. « L’objectif de Macron est l’exploitation minière en Afrique de l’Est et en Afrique centrale, maintenant que la France a été évincée de l’Ouest », estime-t-il, en particulier du Mali, du Burkina Faso et du Niger. « Si tous ces pays d’Afrique de l’Ouest ont pris cette direction, alors soit ils ont tous tort et Macron a raison, soit il y a un problème plus profond. »

La « réaction tiède » de la France face à la répression (...)


crédit image : Daryona, CC BY-SA 3.0, via Wikimedia Commons