Peut-on laisser des entreprises et organisations travailler pendant 6 mois sur la foi de crédits adoptés par amendement gouvernemental au 49-3 et revenir sur cet engagement via des annulations et gels de crédits au mois de juin ?
C’est semble-t-il ce que le gouvernement pense, au mépris des conséquences sur le terrain et de la réaction à venir des acteurs face à cette injustice.
L’annonce imminente d’une réduction des crédits dédiés à l’ESS de plus de 30% se traduira par la fragilisation des réseaux qui accompagnent les entreprises et organisations de l’ESS déjà en difficulté et faisant déjà face à de nombreuses suppressions d’emploi (10 000 au deuxième semestre 2025). Une large partie des ressources permettant de réaliser les missions de proximité sont en effet déjà engagées : en apprenant que l’Etat ne sera pas en mesure de rembourser ces avances, l’interruption des actions sera immédiate, des suppressions de postes aujourd’hui difficiles à chiffrer sont inévitables, des cessations de paiement sont à craindre.
Du fait de cette rupture majeure de la confiance entre l’Etat et les représentants des organisations et entreprises de l’ESS, les conditions ne sont pas réunies pour poursuivre les travaux d’élaboration de la Stratégie Nationale ESS qui était dans sa dernière ligne droite. Le bureau d’ESS France réuni ce jour a acté la suspension de ce dialogue.
Les réseaux et entreprises de l’ESS sont appelés à se mobiliser auprès des autorités et élus, y compris par des interpellations directes de membres du gouvernement à l’occasion de leurs déplacements.
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– (Altermidi)
Dans un communiqué, ESS France évoque une rupture de confiance majeure entre l’État et les acteurs de l’ESS. Considérant que les conditions d’un dialogue constructif ne sont plus réunies, le bureau d’ESS France a décidé de suspendre sa participation aux travaux d’élaboration de la future stratégie nationale de l’ESS.
Selon ESS France, le gouvernement s’apprêterait à réduire de plus de 30 % les crédits dédiés à l’ESS alors même que ces financements avaient été votés dans le cadre du budget, notamment par des amendements gouvernementaux adoptés via le recours au 49.3. L’organisation dénonce une remise en cause brutale des engagements financiers de l’État envers l’économie sociale et solidaire (ESS).
La question centrale posée est celle de la fiabilité de la parole de l’État (...)
Face à cette situation, ESS France annonce l’envoi d’une lettre ouverte au Premier ministre afin de demander le maintien des crédits votés et d’alerter sur les conséquences économiques, sociales et territoriales de ces coupes budgétaires. Cette lettre vise à rappeler que les acteurs de l’ESS ont engagé leurs actions et leurs dépenses en s’appuyant sur des décisions budgétaires officiellement adoptées. Elle appelle le gouvernement à respecter ses engagements, à rétablir un cadre de confiance avec le secteur et à éviter une déstabilisation de milliers d’organisations qui contribuent quotidiennement à la cohésion sociale, à l’emploi et au développement des territoires.
ESS France invite également les réseaux et entreprises de l’ESS à se mobiliser auprès des pouvoirs publics et des élus afin de faire entendre leurs préoccupations et d’obtenir le retrait de ces mesures. (...)