(...) face à l’usage débridé de la force par certains États et à la multiplication des crimes contre les populations civiles, les principes du droit international semblent être sciemment ignorés. Certains responsables européens laissent même entendre que celui-ci serait dépassé, devenu inopérant face aux rapports de force contemporains.
Les règles issues de l’après-guerre ne seraient plus adaptées au monde actuel. On retrouve aussi ce discours lorsque la présidence française accepte qu’Israël impose « une zone tampon » dans le sud du Liban, qualifiée de « temporaire ». La destruction systématique d’infrastructures et d’habitations dans des villages déjà en ruine n’aurait-elle donc que des conséquences temporaires ?
L’usage de la force est illégal
L’idée sous-jacente est claire : le droit céderait désormais devant la puissance. Mais est-ce réellement le droit international qui échoue, ou bien les dirigeants dont la responsabilité première est de le faire respecter ? (...)
Les initiatives politiques comme la conférence internationale, organisée le 12 juin à Paris avec les sociétés civiles israélienne et palestinienne, ne peuvent être effectives si la France n’œuvre pas par ailleurs pour faire respecter le droit international, et sanctionner les violations.
Les règles ne valent que si elles s’appliquent partout. Elles ne peuvent varier selon les intérêts du moment. (...)
Les récentes déclarations de la France et d’autres dirigeants européens illustrent cette application sélective. (...)
Ce qu’il faut aujourd’hui, ce n’est pas de la résignation, mais du courage politique. Certains pays de l’Union européenne, comme l’Espagne, ont montré la voie (...)
La France peut encore choisir d’être fidèle à sa parole, défendre réellement le droit international et la justice en commençant par réaffirmer l’engagement et le soutien inébranlable du G7 qu’elle préside cette année. (...)