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Mr. Mondialisation
Crise du logement : 5 menaces qui pèsent sur la France
#logement
Article mis en ligne le 26 juin 2026
dernière modification le 23 juin 2026

Avec les multiples troubles économiques subis par le pays et l’inflation toujours élevée, la crise du logement n’a pas fini de faire parler d’elle. Entre dimensions environnementale et sociale, elle pourrait bien devenir l’un des principaux enjeux des prochaines années en France. Tour d’horizon de ses composantes majeures.

1) Les passoires et bouilloires thermiques

À chaque hiver, la question des passoires thermiques revient inévitablement sur le devant de la scène. La France compte encore 7,2 millions d’habitations peu ou pas isolées, dont 5,2 millions de résidences principales, ce qui représente environ 17% du parc immobilier. Le reste correspond à des résidences secondaires (environ 1,2 million) et à des logements vacants (environ 800 000).

Si cette contrainte occasionne évidemment un inconfort certain, aussi bien par grand froid qu’en période de canicule, elle signifie également un coût financier important. (...)

2) Le mal-logement

Il va souvent de pair avec les passoires thermiques ; le manque de confort de base toucherait plus de 2 millions de personnes selon la Fondation pour le Logement des Défavorisés. Dans les logements concernés, fait défaut au moins un élément fondamental, comme l’eau chaude, le chauffage, une salle de bains, ou encore une installation électrique sécurisée.

160 000 d’entre eux sont même sous le coup d’un arrêt d’insalubrité d’après l’INSEE. (...)

Il y a également un mal-logement systémique, souvent invisible car hérité de dizaines d’années de politiques d’urbanisation, auquelle la population s’est habituée, comme à une évidence. Qui connaît véritablement l’histoire récente des constructions de bâtiments en banlieue parisienne ? C’est pourtant, en creusant un peu, la source d’une injustice réelle : des immeubles en kit, connu pour être « friables », de très mauvaise qualité, et impossibles à rénover, ont permis de concentrer des populations pauvres à un même endroit, rapidement. (...)

Par ailleurs, 934 000 personnes manqueraient d’espace dans leur logement. (...)

Mais le cas le plus grave reste celui des personnes ne disposant tout simplement pas de toit. Dans ce contexte, 643 000 résidants français sont hébergés par des tiers et près de 50 000 individus séjournent en foyer où à l’hôtel. Enfin, 300 000 personnes vivent encore la rue, et ce malgré les promesses d’Emmanuel Macron de mettre fin au sans-abrisme en 2017. (...)

3) Le coût financier

D’année en année, la part du budget des ménages consacrée au logement ne cesse d’augmenter. (...)

Cette hausse n’est évidemment pas étrangère à celle des tarifs de l’immobilier, surtout depuis le début du millénaire. (...)

Au rayon des grosses dépenses, il faut également compter celui de l’énergie : non seulement le coût de l’électricité ne cesse de progresser, mais les divers moyens de chauffage semblent tous subir de la même façon les conséquences de l’inflation. (...)

4) Le bruit

La concentration des habitats et surtout la mauvaise isolation acoustique de beaucoup de logements sont la source d’un problème auquel de nombreux Français sont confrontés ; celui du bruit. (...)

Et pour cause, les demeures les moins bien isolées contre le froid le sont aussi contre le bruit. Les plus précaires sont également ceux qui ont les logements les moins bien localisés, les plus petits et les plus concentrés. Autant de facteurs qui ne font que décupler les nuisances sonores. (...)

5) Une offre insuffisante

De plus en plus de Français ont du mal à trouver un toit. Il faut dire que l’offre immobilière se restreint chaque année. Dans les grandes villes, c’est même la croix et la bannière pour dénicher un logement décent. (...)

Et pour cause, l’explosion des prix de la pierre a détourné de nombreux potentiels acheteurs vers la location. Résultat des courses, le marché s’est profondément tendu. Un préjudice qui touche notamment les étudiants et les jeunes. (...)

Une chose est certaine, si les pouvoirs publics ne prennent pas rapidement la situation en main, la question du logement pourrait très vite se transformer en une bombe à retardement, autant au niveau social qu’écologique ; et une fois de plus, ce sont les plus pauvres qui en paieront les pots cassés.