Le principal suspect de la chute des naissances dort peut-être sur votre table de nuit. Une étude américaine chiffre l’effet iPhone, mais les courbes françaises ont de quoi nourrir le doute.
La question ressemblait à une provocation de dîner de famille, deux économistes l’ont prise au sérieux. Dans un document de travail publié par le NBER, le bureau national américain de la recherche économique, Caitlin Myers et Ezekiel Hooper se sont penchés sur la fécondité américaine. Leur estimation : la diffusion de l’iPhone expliquerait entre un tiers et la moitié de son déclin depuis 2007. Le titre de leur travail ne s’embarrasse pas de détours : « L’iPhone est-il un moyen de contraception ? »
Un monopole téléphonique transformé en laboratoire (...)
Prudence tout de même : ce document de travail n’a pas encore été validé par les pairs. Et ses auteurs ne revendiquent qu’un tiers à la moitié du déclin, le reste demeurant sans explication établie, leur étude écartant justement les suspects habituels comme le logement ou la contraception.
En France, les courbes n’ont pas attendu la démonstration
Côté français, où le débat sur la natalité est plus sulfureux que jamais, 645 000 bébés sont nés en 2025, soit 24 % de moins qu’en 2010, et l’indicateur de fécondité est tombé à 1,56 enfant par femme, du jamais-vu depuis 1918. Pour la première fois depuis 1945, le pays a même compté davantage de décès que de naissances. Et le détail qui interpelle se niche dans le calendrier : le dernier pic des naissances françaises date de 2010, soit l’année de l’iPhone 4, celle où le smartphone amorçait sa percée dans le grand public hexagonal.
Coïncidence de calendrier ne vaut pas preuve, et l’étude ne porte que sur les États-Unis. L’INSEE, qui attribue la baisse au seul recul de la fécondité, ne désigne d’ailleurs aucun coupable à clavier. Reste que le mécanisme décrit par les chercheurs parlera à beaucoup de foyers. (...)
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U.S. Department of State from United States, Public domain, via Wikimedia Commons