La Cour suprême israélienne, plus haute juridiction du pays, avait ordonné à l’organisme public de régulation des médias de poursuivre ses travaux malgré des membres absents. Le gouvernement a rejeté cette décision dimanche 5 juillet. Un signal important.
Le gouvernement israélien a déclaré dimanche qu’il ne se conformerait pas à une décision de la Cour suprême concernant une autorité de régulation de l’audiovisuel, suscitant des critiques de l’opposition et du président. C’est un rejet assumé, notamment par le ministre des Communications Shlomo Karhi, qui accuse les juges de la Cour suprême d’être « ivres de pouvoir », rapporte notre correspondante à Jérusalem, Alice Moreno.
Le mois dernier, la Cour suprême avait en effet estimé que le régulateur qui supervise les chaînes de télévision et les stations de radio commerciales privées pouvait continuer à opérer, même après la démission de sept des quinze membres du conseil d’administration qui le privait du quorum légal normalement requis pour prendre des décisions.
Selon des médias israéliens, certaines de ces démissions faisaient suite à des pressions politiques, alors que le régulateur examine actuellement le projet de rachat de la chaîne 13, l’une des principales en Israël, par un groupe d’investisseurs considérés comme critiques à l’égard du gouvernement. (...)
Dans le camp de l’opposition, les réactions ont été immédiates. Yaïr Lapid estime que le gouvernement est en train de traverser la plus grave crise constitutionnelle de son histoire. (...)
Le secrétaire du cabinet israélien a, pour sa part, tenté un peu plus tard d’éteindre l’incendie, parlant d’un « critique sévère » de la décision de la Cour plutôt que d’un véritable appel à la désobéissance.
Cette crise s’inscrit dans un bras de fer entre le gouvernement et la justice qui dure depuis 2022. (...)