En Grèce, les avocats pourront toucher une prime de 250 euros si leur client opte pour un "retour volontaire" dans son pays d’origine. Cette mesure s’inscrit dans une réforme plus vaste de l’aide juridique aux demandeurs d’asile.
Cette prime est entrée en vigueur début juillet suite à la publication au Journal officiel grec d’un décret sur l’assistance juridique pour les demandeurs d’asile dans le pays. Ainsi, les avocats percevront des honoraires fixes de 160 € par séance et cette prime supplémentaire de 250 € si le demandeur effectue un "retour volontaire".
Cette mesure est liée à la mise en œuvre du Pacte asile et migration dans le pays puisqu’elle ne concerne que les demandeurs d’asile qui relèvent de la procédure aux frontières et qui, indique le décret, n’ont donc pas "un profil de demandeur solide". (...)
Pour rappel, les exilés concernés par la procédure d’asile aux frontières sont les personnes issues de pays dont le taux européen de reconnaissance de l’asile est faible (inférieur ou égal à 20%), comme par exemple la République démocratique du Congo (RDC), le Gabon et la Tanzanie. Mais aussi les personnes considérées comme représentant un risque pour la sécurité nationale ou encore celles qui sont soupçonnées d’avoir trompé les autorités. (...)
Pacte asile et migration
Toutefois, celle-ci ne concernera pas tous les avocats. Seuls ceux opérant dans le cadre de l’assistance juridique gratuite sont concernés. C’est-à-dire des avocats qui défendent des personnes récemment arrivées dans le pays et qui déposent leur première demande d’asile. (...)
le gouvernement grec met en partie fin à l’assistance juridique fournie par les ONG. "Le pacte [asile et migration, ndlr] prévoit que l’aide soit fournie par l’État. Les ONG pourront fournir des services à titre privé pour certains. Mais pour les procédures d’asile à la frontière, il n’y aura bien que les avocats du registre", commente à InfoMigrants Lefteris Papagiannakis, du Conseil grec pour les réfugiés.
À noter que les avocats concernés se voient interdire de représenter ultérieurement les mêmes demandeurs à titre privé, si ces derniers souhaitent déposer un recours par exemple.
L’exemple italien
Une prime similaire, qui avait provoqué de vives polémiques, a également été adopté en Italie. (...)
L’Association nationale italienne des magistrats avait exprimé sa "consternation". L’instance estime qu’une telle mesure "va à l’encontre de l’idée même de défense [juridique], car cela lie la prime à l’échec de la défense, ce qui est contraire à la logique, avant même d’être contraire au droit." Elle rappelle que "dans tous les domaines, le droit à la défense doit rester plein, libre et concrètement accessible".