La majorité présidentielle sortante n’a guère d’autre programme économique que la poursuite du statu quo. Les mesures proposées sont anecdotiques. À l’image même du macronisme : agonisantes.
Avec la majorité présidentielle sortante, on a un peu l’impression de revoir les meilleurs nanars du cinéma français. Pendant des mois, toutes les mesures antisociales du gouvernement ont été justifiées sur l’air du programme de Louis de Funès dans La Zizanie : « Mon programme en trois points. Premier point, le plein emploi, deuxième point, le plein emploi, et troisième point, le plein emploi. » Un plein emploi acquis à coups de subventions gigantesques qui sont venues grever le budget et creuser le déficit public.
Dès lors, on a changé de film. Les lendemains qui chantent sont renvoyés à plus tard et les promesses réduites au minimum. On est désormais dans Deux heures moins le quart avant Jésus-Christ, de Jean Yanne, où le consul Demetrius promet : « Vous voulez que les impôts baissent ? Qu’il y ait du travail pour tous ? Que l’inflation soit stoppée ? Nous ne pouvons rien faire pour le moment. Mais dès que nous le pourrons, nous ferons le double ! »
Et de fait, dans cette campagne, la majorité a clairement raclé les fonds de tiroir pour trouver des propositions sur le plan économique. Jeudi 20 juin, le premier ministre, Gabriel Attal, a tenté d’émettre quelques mesures qui se situent, en réalité, à la limite de l’anecdotique. On peut citer une suppression des frais de notaire de 15 000 euros pour les primoaccédants d’un bien de moins de 255 000 euros, l’augmentation modeste des voitures électriques disponibles à la location, « l’expérimentation de la semaine en quatre jours » et, enfin, la mesure phare : le relèvement de la « prime Macron » entièrement défiscalisée jusqu’à 10 000 euros !
C’est évidemment le minimum syndical qui est l’arbre qui cache la forêt : le macronisme n’a, en fait, rien à proposer d’autre que la poursuite de la politique déjà menée. Pas de hausse d’impôts, surtout pas pour les entreprises, et même de nouveaux cadeaux fiscaux comme cette « prime Macron » relevée qui n’est qu’un moyen de transformer les augmentations de salaires en primes défiscalisées. Autrement dit, c’est une machine à creuser le déficit de la Sécurité sociale et donc à accentuer l’austérité dans ce domaine.
Et c’est bien là l’essentiel : la principale promesse de Gabriel Attal et de Bruno Le Maire, c’est l’austérité, revêtue de ses vieux oripeaux de la « responsabilité ». (...)
le macronisme refuse toute remise en cause et prône la continuité. En dépit même des conséquences politiques de cet entêtement. Mais c’est le propre de cette idéologie froide qu’est devenu le néolibéralisme français : la réalité elle-même ne saurait être un argument. (...)
Le point faible des nanars du cinéma français était souvent leur impossibilité à construire une fin convaincante. Ainsi en va-t-il du macronisme.