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Le refoulement de la journaliste Alice Froussard par Israël, « une décision injustifiable et qui nous scandalise », dénonce RSF
#Israel #Gaza #Cisjordanie #genocide #famine #tortures #cessezleFeu #solidarites #SUMUD #journalistes
Article mis en ligne le 12 juin 2026

La direction de RFI proteste contre le refoulement par Israël d’Alice Froussard, journaliste française qui couvre depuis plusieurs années le conflit israélo-palestinien pour l’antenne et d’autres médias francophones. Notre consœur s’est vu refuser l’entrée sur le territoire israélien mercredi 10 juin, alors même qu’elle disposait de tous les documents requis. Pour Reporters sans frontières (RSF), cette décision témoigne de la volonté des autorités israéliennes d’empêcher la presse internationale de couvrir la situation en Cisjordanie, alors que l’accès à la bande de Gaza est interdit aux journalistes étrangers depuis près de trois ans. Entretien avec Jonathan Dagher, responsable du bureau Moyen-Orient de RSF.

RFI : Quelle est votre réaction à la décision des autorités israéliennes ?

Jonathan Dagher : L’expulsion d’Alice Froussard est tout simplement injustifiable. Nous sommes scandalisés. Cette journaliste, qui a été la correspondante de plusieurs médias français en Cisjordanie, a été arrêtée à son arrivée à l’aéroport Ben-Gourion mercredi soir. Elle a subi plusieurs interrogatoires et a passé près de dix heures en détention à l’aéroport avant d’être expulsée du pays. C’est extrêmement grave. Il n’existe aucune justification à une telle décision ni à la manière dont elle a été traitée.

Comme nous l’indiquons dans notre communiqué, nous dénonçons fermement ces mesures. Elles montrent une fois de plus jusqu’où les autorités israéliennes sont prêtes à aller pour empêcher le public international d’avoir accès à une information libre et indépendante en provenance de Palestine.

Dans ce cas précis, il s’agit de la Cisjordanie. Nous craignons un verrouillage informationnel de ce territoire qui pourrait finir par ressembler au blocus médiatique imposé à la bande de Gaza depuis bientôt trois ans. (...)

Nous avons donc le sentiment qu’il s’agit désormais d’une véritable stratégie visant à empêcher les journalistes internationaux d’accéder à la Cisjordanie, après près de trois ans d’interdiction quasi totale d’accès de la presse internationale à la bande de Gaza. (...)

Ces journalistes étrangers viennent travailler aux côtés de leurs confrères et consœurs palestiniens, que ce soit à Gaza ou en Cisjordanie. Leur interdiction d’accès renforce la pression déjà exercée sur les journalistes palestiniens.

En Cisjordanie, ceux-ci sont confrontés depuis des années à des arrestations, des violences et des intimidations. Ces actes sont commis soit par les forces israéliennes dans ce territoire occupé, soit par des colons israéliens, parfois sous le regard des forces armées israéliennes qui n’interviennent pas pour les protéger.

Cette situation peut malheureusement conduire à des violences extrêmes, voire à des assassinats. (...)

Lorsque l’Ambassade de France à Jérusalem a regretté la décision prise à l’encontre d’Alice Froussard, Amichai Chikli a directement interpellé le ministre français des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot, ainsi que le Président de la République, Emmanuel Macron. Et il a explicitement relié cette affaire aux sanctions décidées par la France contre Bezalel Smotrich.

Si c’est effectivement la raison ou le prétexte de cette interdiction, alors c’est extrêmement grave. Cela reviendrait à faire l’amalgame entre une journaliste indépendante et une décision prise par le gouvernement français. Or, cela n’a rien à voir : dans une démocratie, les journalistes ne sont pas responsables des décisions de leur gouvernement, qu’on les juge légitimes ou non. (...)

de nombreux éléments témoignent d’un acharnement du gouvernement israélien contre les journalistes. (...)

RFI : Quelle est votre réaction à la décision des autorités israéliennes ?

Jonathan Dagher : L’expulsion d’Alice Froussard est tout simplement injustifiable. Nous sommes scandalisés. Cette journaliste, qui a été la correspondante de plusieurs médias français en Cisjordanie, a été arrêtée à son arrivée à l’aéroport Ben-Gourion mercredi soir. Elle a subi plusieurs interrogatoires et a passé près de dix heures en détention à l’aéroport avant d’être expulsée du pays. C’est extrêmement grave. Il n’existe aucune justification à une telle décision ni à la manière dont elle a été traitée.

Comme nous l’indiquons dans notre communiqué, nous dénonçons fermement ces mesures. Elles montrent une fois de plus jusqu’où les autorités israéliennes sont prêtes à aller pour empêcher le public international d’avoir accès à une information libre et indépendante en provenance de Palestine.

Dans ce cas précis, il s’agit de la Cisjordanie. Nous craignons un verrouillage informationnel de ce territoire qui pourrait finir par ressembler au blocus médiatique imposé à la bande de Gaza depuis bientôt trois ans. (...)

Nous avons donc le sentiment qu’il s’agit désormais d’une véritable stratégie visant à empêcher les journalistes internationaux d’accéder à la Cisjordanie, après près de trois ans d’interdiction quasi totale d’accès de la presse internationale à la bande de Gaza. (...)

Ces journalistes étrangers viennent travailler aux côtés de leurs confrères et consœurs palestiniens, que ce soit à Gaza ou en Cisjordanie. Leur interdiction d’accès renforce la pression déjà exercée sur les journalistes palestiniens.

En Cisjordanie, ceux-ci sont confrontés depuis des années à des arrestations, des violences et des intimidations. Ces actes sont commis soit par les forces israéliennes dans ce territoire occupé, soit par des colons israéliens, parfois sous le regard des forces armées israéliennes qui n’interviennent pas pour les protéger.

Cette situation peut malheureusement conduire à des violences extrêmes, voire à des assassinats. (...)

Lorsque l’Ambassade de France à Jérusalem a regretté la décision prise à l’encontre d’Alice Froussard, Amichai Chikli a directement interpellé le ministre français des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot, ainsi que le Président de la République, Emmanuel Macron. Et il a explicitement relié cette affaire aux sanctions décidées par la France contre Bezalel Smotrich.

Si c’est effectivement la raison ou le prétexte de cette interdiction, alors c’est extrêmement grave. Cela reviendrait à faire l’amalgame entre une journaliste indépendante et une décision prise par le gouvernement français. Or, cela n’a rien à voir : dans une démocratie, les journalistes ne sont pas responsables des décisions de leur gouvernement, qu’on les juge légitimes ou non. (...)

de nombreux éléments témoignent d’un acharnement du gouvernement israélien contre les journalistes.