Reportage · Cette zone désertique est un lieu de commerce et de passage depuis des temps immémoriaux. Mais la guerre en Libye, le coup d’État au Niger, ainsi que les alliances sécuritaires régionales de circonstance rebattent les cartes.
un espace commercial informel, un éventail de pistes de traverse où circulent les marchandises et les hommes. Les populations qui habitent de part et d’autre de ces frontières immenses connaissent les chemins et les pistes secondaires depuis des temps immémoriaux. (...)
Le Sud libyen a longtemps souffert d’un contrôle relativement faible de la part des autorités officielles de Tripoli comme de celles, parallèles, de Benghazi, et a toujours été un lieu d’exportation informelle d’essence vers le Niger et le Tchad. Mais tout a changé depuis plus d’un an, raconte Mahamat Nour Youssouf : les équilibres géopolitiques ne sont plus les mêmes qu’avant.
« La mainmise de Haftar augmente »
Le contrôle des forces de l’Armée nationale libyenne (ANL) du général Khalifa Haftar est plus fort aujourd’hui qu’il ne l’était auparavant, rapportent tous les interlocuteurs interrogés. (...)
« Désormais ce sont les gens de Haftar qui contrôlent les barrières, il n’y a plus, comme avant, autant de rebelles nigériens ou tchadiens du côté libyen de la frontière », explique Abdoul Kader, ancien membre du Front patriotique de libération (FPL, un groupe armé créé après le coup d’État de 2023 au Niger pour combattre le régime militaire en place à Niamey). (...)