Les appels et les textes se multiplient pour réclamer une « bonne » intelligence artificielle. Mais le problème est plus profond : c’est dans son principe même, dans sa fonction sociale, que cette technologie est néfaste.
Depuis quelques mois, la place croissante que prend l’intelligence artificielle (IA) dans le débat public a conduit à une inquiétude légitime venant de plusieurs parties de la société. Du pape Leon XIV dans son encyclique Magnifica Humanitas le mois dernier jusqu’à la « déclaration de Leyde », signée, plus récemment, par 2 300 mathématiciens, les appels à la « régulation » se multiplient.
En France, une tribune signée par quelque 150 personnalités du monde de la culture, aussi divers qu’Annie Ernaux, Gaspard Koenig ou Philippe Claudel, interpelle contre un « dialogue ininterrompu de l’humain avec les machines ».
De fait, ces appels ne sont pas construits dans le sable. Les dangers de l’IA sont réels et documentés. Une étude menée par le Massachussetts Institute of Technology (MIT) avec 272 experts issus de trente-neuf pays et publiée le 3 juin a permis d’identifier cinq risques « catastrophiques » liés au développement de l’IA.
La première est que l’IA puisse être dotée de capacités dangereuses, la seconde est la mobilisation de l’IA dans des armes et des cyberattaques. Le MIT met aussi en garde contre la dynamique concurrentielle, une « course à l’IA » contre la centralisation du pouvoir qui en découlerait. Enfin, il redoute la « création et la dissémination de fausses informations sophistiquées ». (...)
L’intelligence artificielle vient répondre aux besoins de notre société, organisée autour du capital et de son accumulation.
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La volonté régulatrice se berce encore d’une illusion, selon laquelle la croissance pourrait continuer à assurer le bonheur.
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