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« Pourquoi s’entêter à dépenser des milliards ? » : une centaine de maires et parlementaires s’opposent à la LGV Toulouse-Bordeaux
#LGVBordeauxToulouse
Article mis en ligne le 9 juin 2026

Coûteuse, tardive et à l’utilité loin d’être prouvée : une centaine d’élus s’opposent dans cette tribune au mégaprojet de LGV du Sud-Ouest. Et plaident pour la rénovation et la modernisation des lignes existantes.

Le Conseil d’orientation des infrastructures (COI) a rendu en avril son évaluation du Grand projet du Sud-Ouest/Ligne nouvelle du Sud-Ouest (GPSO/LNSO). Instance de référence et pilier indispensable à l’évaluation de nos grands chantiers, la légitimité du COI est telle que ses conclusions doivent être prises en compte. Or, en l’espèce, ses conclusions sont claires et mettent fin aux illusions, entretenues à grand renfort de communication, par les promoteurs des LGV du Sud-Ouest.

En premier lieu, ce projet ne pourra pas aboutir dans les temps impartis : au mieux la ligne Bordeaux-Toulouse serait mise en service en 2035 et la Bordeaux-Dax en 2042. Et le tronçon Dax-Espagne, renvoyé aux calendes grecques.

De surcroît, la nouvelle ligne Bordeaux-Dax n’a aucune utilité et la priorité doit être donnée à la poursuite des « efforts de régénération et de modernisation de la ligne classique Bordeaux-Hendaye ».

Un gain de temps négligeable (...)

Concernant la nouvelle ligne Bordeaux-Toulouse ses bénéfices socio-économiques et ses impacts environnementaux doivent être réévalués. En l’état, le COI émet des réserves quant à son utilité réelle et elle n’apparaît pas comme une infrastructure prioritaire.

Ensuite, le financement du projet, tel qu’il avait été imaginé, est irréaliste, dit aussi le COI. (...)

Près de 30 milliards d’euros de budget...

Le budget est aussi fortement sous-évalué (...)

À la suite de cet avis du COI, il est une nouvelle fois démontré que ce projet de LGV Bordeaux-Toulouse ne répond pas aux besoins des habitants, que la branche vers Dax n’y a été greffée que pour aspirer des financements européens finalement non acquis et que tout cela ne se ferait qu’au détriment de la régénération urgente des infrastructures existantes.

La fuite en avant n’est pas une option quand on se trouve au bord du gouffre !


crédit image : Marius Toudoire, CC BY-SA 4.0, via Wikimedia Commons