Des dizaines de milliers de manifestants se sont rassemblés, samedi 23 mai, à Belgrade pour demander de nouvelles élections en Serbie. Ce fut l’un des plus grands rassemblement depuis des mois du mouvement anti-corruption, né après l’effondrement mortel de la gare de Novi Sad fin 2024.
Slavija, une des grandes places de Belgrade, était noire de monde. À l’appel des étudiants contre la corruption, une foule immense est venue crier son mécontentement, samedi 23 mai. Plus de 100 000 personnes, selon le site de comptage indépendant « archive des manifestations en Serbie » – un peu plus de 30 000 selon la police, rassemblées au cri de « Les étudiants gagnent », pour réclamer des élections. Ce rassemblement était l’un des plus importants depuis des mois dans le pays.
Les protestataires sont venus de toute la Serbie malgré les obstacles désormais classiques imposés pas le régime. (...)
Un an et demi de manifestations
« Le propos de la manifestation d’aujourd’hui consiste simplement à nous compter, expliquait au milieu de la foule, Vuk Vucin, 22 ans, étudiant en philologie. Nous n’avons pas connu un rassemblement aussi important depuis très longtemps. Cela se déroulera dans le calme et avec dignité. » Andjela, 24 ans, étudiante en architecture, estimait aussi que « le but de la manifestation aujourd’hui est de nous rassembler tous ensemble, à nouveau, et de montrer à tout le monde que nous sommes encore là, que nous nous battons, que nous travaillons, et que nous n’arrêterons pas ».
En 18 mois, les manifestations n’ont jamais vraiment cessé en Serbie, avec des pics – 300 000 personnes le 15 mars 2025 – et des reflux. Les étudiants qui ont rapidement pris la tête du mouvement espèrent que la manifestation de ce 23 mai relancera la dynamique et poussera le président Vucic, de la droite nationaliste, à convoquer des élections anticipées. (...)
Vendredi 22 mai, le Conseil de l’Europe – dont la Serbie, 6,6 millions d’habitants, est membre – a dit sa préoccupation face à la « réponse violente » des autorités lors des manifestations, évoquant « de multiples informations [qui] font état d’un usage excessif de la force par la police, d’arrestations de manifestants pacifiques et de traitements dégradants en garde à vue ».