Un homme est mort après s’être immolé par le feu devant le siège des Nations unies, jeudi 2 juillet. Décrit par des groupes pro-Tibet comme un « infatigable militant », Lobga Ranzen avait un drapeau tibétain à ses côtés au moment des faits. Un geste de protestation tragique au lendemain de l’entrée en vigueur en Chine de la très critiquée « loi sur l’unité ethnique ».
Dans les images qui circulent en ligne, le militant s’avance devant le siège de l’ONU, un drapeau tibétain à la main, avant de s’immoler par le feu (...)
« Il y en a eu 160 avant lui, donc c’était terrible de voir ça ce matin. C’est la première fois qu’en dehors du Tibet, du Népal et de l’Inde, un Tibétain s’immole. »
Lobga Ranzen dénonçait la loi sur l’unité ethnique qui promet la fin de la culture tibétaine. Ce texte matérialise l’assimilation forcée et la disparition des langues locales dont le tibétain, au profit de la majorité ethnique Han, selon plusieurs organisations de défense des droits humains. (...)
Pour la chercheuse Katia Bufetrille, « c’est une loi qui interdit totalement toute manifestation de culture, de religion, de quelque chose qui n’est pas Han. Plus de langue : les enfants vont être éduqués à partir de l’âge de quatre ans en chinois, en mandarin. C’est véritablement la fin aussi bien des Ouïghours, des Mongols et des Tibétains, de toutes les populations qui ne sont pas Han. Et il y a un but, c’est que la Chine doit être habitée que par des gens qui partagent la culture chinoise. »
La Chine, qui reconnaît officiellement 55 minorités ethniques sur son territoire, rejette ces accusations. Ce vendredi 3 juillet, Pékin a assuré vouloir simplement renforcer la cohésion nationale. (...)