Après l’échec des groupes de niveau, mesure phare de la réforme du choc des savoirs voulue par l’éphémère ministre de l’Éducation nationale Gabriel Attal, quel bilan tirer de son autre marotte, les uniformes ? Des effets inégaux et limités selon les établissements, pointe une première étude de la Depp sur l’expérimentation, publiée mardi 12 mai. Si le bilan provisoire n’étonnera pas, au vu notamment des études déjà menées sur le sujet, il est révélateur d’une méthode et d’une conception autoritaires et verticales de l’éducation, à tous les étages.
Des résultats contrastés : pas d’amélioration du climat scolaire, mais une évolution positive du sentiment d’appartenance (...)
Dans le premier degré, les trois quarts des directeurs d’école déclarent une évolution positive du sentiment d’appartenance depuis la mise en place de l’uniforme. Un peu plus d’un tiers (36 %) signalent une amélioration du climat scolaire. Dans le second degré, sur les 22 établissements expérimentateurs, 16 chefs d’établissement ont répondu : 13 font état d’une évolution positive du sentiment d’appartenance et 11 constatent une amélioration du climat scolaire.
Les effets sur la scolarité restent toutefois limités. (...)
Côté élèves
Le respect de la règle ne traduit pas nécessairement une adhésion des élèves à l’uniforme. Celui-ci reste majoritairement peu apprécié, avec un rejet qui s’accentue avec l’âge. (...)
Un décalage entre attentes des adultes et vécu des élèves (...)
Une mise en œuvre portée par les directions et les élus (...)
Les parents ont joué un rôle important dans la mise en place de l’expérimentation, contrairement aux élèves, peu consultés et rarement associés aux décisions, sauf sur des aspects secondaires comme le logo ou les couleurs de la tenue. L’expérimentation s’est donc construite davantage « pour eux » que « avec eux », ce qui limite sa portée éducative et influence son appropriation par les élèves. À noter que les écoles volontaires « expérimentatrices » sont plus souvent situées en éducation prioritaire, en milieu urbain, avec des effectifs plus importants et davantage d’élèves en difficulté scolaire.
Le ministre en attente de « résultats définitifs » (...)