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Marie-Claude Saliceti
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La Cimade
Acharnement de la préfecture du Morbihan contre une petite fille malade
Article mis en ligne le 7 février 2016

Une femme nigériane et sa fille de 7 ans ont été enfermées au centre de rétention administrative de Saint Jacques de La Lande pendant 48 heures.

Arrivées en France en avril dernier sous couvert d’un visa Shengen délivré par l’Italie Madame A et sa fille de 7 ans ont cru trouver refuge à Vannes où elles ont souhaité déposer une demande d’asile.

Le préfet du Morbihan a à trois reprises refusé de faire droit à leur demande et décidé de leur renvoi vers l’Italie responsable de l’examen de leur demande d’asile selon les critères du règlement européen dit « Dublin III ». Par deux fois pourtant le tribunal administratif de Rennes avait sanctionné la décision du préfet au regard de l’état de santé de la fillette qui souffre d’une maladie génétique et est scolarisée en classe de CP à l’école Albert Guillomac’h de Séné.

Le 12 janvier dernier, Le préfet du Morbihan prend une nouvelle décision et déploie cette fois des moyens extraordinaires et disproportionnées pour mettre à exécution la décision qu’il a prise. Madame et sa fille sont interpellées le soir du 2 février 2016 par cinq policiers à l’hôtel où elles sont hébergées. Elles ont à peine le temps de rassembler quelques affaires qu’elles sont transférées et enfermées dans une autre chambre d’hôtel transformée pour l’occasion en local de rétention administrative ad hoc. Pourtant, aucune disposition légale ne prévoit la possibilité d’enfermer des enfants dans un local de rétention administrative. (...)

Le tribunal administratif de Rennes a mis fin à l’acharnement du préfet de Morbihan le 4 février, Madame A et sa fille ont été libérée, mais restent dans la précarité et sans titre de séjour .

Depuis le début de l’année c’est déjà la neuvième famille et le quinzième enfant enfermés dans un centre de rétention en métropole.

La France, pourtant condamnée par la Cour européenne des droits de l’Homme en janvier 2012 pour sa pratique de l’enfermement des familles, n’a toujours pas modifié sa législation en la matière. Au contraire (...)