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Marie-Claude Saliceti
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Face à Washington, Assange a huit mois pour fourbir sa défense
Article mis en ligne le 17 juin 2019

Lors d’une audience ce vendredi, la justice britannique a fixé à la fin février 2020 l’examen de la demande d’extradition américaine.

Face à la demande d’extradition émise à son encontre par les Etats-Unis, Julian Assange a désormais huit mois pour fourbir sa défense. Ce vendredi, un juge du tribunal londonien de Westminster a fixé la période de l’audience, qui devrait durer cinq jours, à la fin février 2020 ; « probablement à partir du 24 », a précisé un porte-parole du parquet. Entre-temps, aura lieu fin octobre une audience de procédure, qui décidera notamment quel tribunal sera chargé d’examiner la demande américaine, et de trancher le devenir du chef de file de WikiLeaks.
« 175 ans de ma vie sont en jeu »

Depuis sa spectaculaire arrestation le 11 avril dans l’ambassade d’Equateur à Londres, où il vivait reclus depuis près de sept ans, l’Australien est incarcéré dans la prison de haute sécurité de Belmarsh, au sud-est de la capitale britannique. Il y purge une peine de cinquante semaines de détention pour avoir enfreint sa liberté conditionnelle en se réfugiant dans l’ambassade en juin 2012, un verdict dont il a fait appel. Il est actuellement en unité de soins, a expliqué à l’AFP son avocate, Jennifer Robinson. Le rapporteur spécial des Nations unies sur la torture, Nils Melzer, qui lui a rendu visite début mai, jugeait il y a quinze jours qu’Assange présente « les symptômes d’une exposition prolongée à la torture psychologique », en raison de « l’environnement hostile auquel il a été exposé pendant plusieurs années ».

C’est depuis Belmarsh que le fondateur de WikiLeaks s’est exprimé ce vendredi en liaison vidéo : « 175 ans [le cumul des peines encourues] de ma vie sont en jeu », a-t-il déclaré, dénonçant la nature des poursuites dont il fait l’objet pour la publication, en 2010, des documents secrets de l’armée américaine sur les guerres d’Afghanistan et d’Irak (les « War Logs ») et des télégrammes diplomatiques américains transmis par Chelsea Manning. WikiLeaks n’est « rien d’autre qu’un éditeur », a fait valoir Assange.
Volet suédois encore flou (...)

Depuis le 24 mai, il est également sous le coup de dix-sept autres chefs d’inculpation. Tous relèvent de l’Espionage Act, la loi américaine sur l’espionnage, utilisée à plusieurs reprises ces dernières années contre des lanceurs d’alerte, notamment Chelsea Manning et l’ancien consultant de la NSA Edward Snowden. L’usage de ce texte à l’encontre d’un média ayant publié des documents confidentiels est, lui, inédit, et a été dénoncé par de nombreuses organisations de défense des libertés civiles. (...)