L’histoire galope. Très... drôle de guerre. Visages crispés, parfois exubérants et singulièrement hésitants. Temps métrologique agité, vent fort balayant les Cyclades et autant les consciences. Matin du 27 juin, devant les guichets automatiques à Naxos, port et chef lieu de l’île d’Ariane délaissée il y avait déjà foule. Tout le monde commente les derniers accrocs du temps historique, d’abord le referendum annoncé, comme cette autre tempête qui a rendu l’accostage du Blue Star Délos plus délicat que de coutume.
Dans les Cyclades ; on lit aussi Thomas Piketty, mais les yeux de tous se tournèrent ce samedi matin vers les gros titres du vaste monde et d’Aléxis Tsípras. Ce n’est pas un sondage, mais sur les cinq discussions que j’ai pu avoir avec des habitants de Naxos... ce premier samedi du jour d’après, trois d’entre eux se sont prononcés résolument en faveur du “Non” car “c’est désormais une question de dignité, l’UE et le FMI exigent notre mise à mort, ces salopards n’ont plus aucune vergogne”, tandis qu’une autre personne votera “les yeux fermés pour un ‘Oui’, car Tsípras est un fou... et il nous fera même quitter l’euro”, enfin, Yannis éleveur est hésitant.
“Je n’ai pas voté SYRIZA en janvier, voilà qu’avec Tsípras tout se gâte, j’avoue seulement que dorénavant je comprends mieux. Poursuivre exactement comme avant sous la botte de la Troïka c’est la mort lente mais assurée, mais enfin... emprunter le chemin de la rupture et de la drachme c’est certainement l’aventure et l’inconnu. Le gens ont surtout peur”. (...)
Les médias grecs rapportent que Yannis Varoufákis rencontrera dans les heures qui viennent, Mario Draghi ; il lui demandera de faire usage d’une partie des intérêts encaissés par la BCE sur le dos de la dette grecque (presque deux milliards d’euros), pour ainsi régler la... traite auprès du FMI le 30 juin, sinon... niet ! (...)