Sur les réseaux sociaux, dans les médias ou sur les stands tenus par nos bénévoles, nous rétablissons lesCréée par un élan de mobilisation citoyenne en 2015, SOS MEDITERRANNE n’en n’est pas moins confrontée aux « fake news » sur son action humanitaire de sauvetage en mer.
Mais que sont les « fake news » ? Ce sont de fausses informations destinées à manipuler les opinions. Elles sont notamment portées par des individus ou des groupes qui instrumentalisent la question de la migration.
Face aux polémiques et discours haineux contre ces personnes désignées comme « migrants » ou « réfugiés » selon leur origine, SOS MEDITERRANEE répond aux idées reçues ou fausses avec sa publication « Stop aux fake news sur le sauvetage en mer. » faits et disons : « Stop aux fake news sur le sauvetage en mer. »
Pour rétablir la vérité, nous nous appuyons sur des sources fiables, des faits documentés par des organisations reconnues (ONU, universités, etc.) et sur les textes de loi qui régissent le sauvetage en mer. Enfin, par souci de transparence, nous ne relayons que des observations directes en mer, attestées par les journalistes qui montent à bord de l’Ocean Viking à chaque mission et font leur travail en toute indépendance.
Réponse aux « fake news » les plus fréquentes sur les actions de sauvetage en mer en Méditerranée
« Fake news n° 1 » : Les rescapé.e.s devraient être ramené.e.s en Libye.
Les faits : RAMENER DES RESCAPÉ.E.S EN LIBYE EST ILLÉGAL ET DANGEREUX. (...)
LE DROIT MARITIME INTERNATIONAL PROSCRIT LE DÉBARQUEMENT DE RESCAPÉ.E.S EN LIBYE CAR CE N’EST PAS UN « LIEU SÛR ». (...)
« Fake news n° 2 » : Les navires d’ONG font le jeu des passeurs en sauvant des migrant.e.s dans les eaux internationales.
Les faits : LES ONG RÉPONDENT À UNE SITUATION HUMANITAIRE URGENTE EN MER ET SAUVENT DES VIES ! (...)
LES PERSONNES QUI TENTENT LA TRAVERSÉE FUIENT DES CONDITIONS DE VIE EXTRÊMEMENT DURES DANS LEUR PAYS D’ORIGINE, QUI NE FONT QUE S’AGGRAVER EN LIBYE OÙ ELLES SUBISSENT SYSTÉMATIQUEMENT DES VIOLATIONS DES DROITS HUMAINS.
Ces violations comprennent détention arbitraire, châtiments corporels, extorsion, travail forcé et exploitation sexuelle, entre autres. Face à ces conditions de vie inhumaines, beaucoup n’ont d’autre choix que de prendre la mer, quel que soit le coût de la traversée et en dépit du risque d’y perdre la vie. La seule solution est de s’en remettre à des passeurs. Ce n’est donc pas la présence des ONG, mais le contexte politique et social qui fabrique un marché pour les passeurs. L’accusation de collusion est grave et dommageable : l’action des ONG de sauvetage en mer n’est pas la cause mais une réponse d’urgence à la crise humanitaire en Méditerranée.
« Fake news n° 3 » : Les ONG comme SOS MEDITERRANEE communiquent avec les passeurs.
Les faits : TOUTE OPÉRATION DE SAUVETAGE DE SOS MEDITERRANEE EST MENÉE EN LIEN AVEC LES AUTORITÉS COMPÉTENTES : LES JOURNALISTES EN TÉMOIGNENT (...)
NON, SOS MEDITERRANEE NE COMMUNIQUE JAMAIS AVEC LES PASSEURS. (...)
« Fake news n° 4 » : Toutes les embarcations secourues ne sont pas en détresse.
Les faits : EMBARCATIONS INAPTES À LA NAVIGATION, SURCHARGÉES, SANS SUFFISAMMENT DE VIVRES, D’EAU ET DE FUEL : UNE SITUATION REQUÉRANT UN SAUVETAGE IMMÉDIAT. (...)
LE TYPE D’EMBARCATIONS AUXQUELLES LES ONG FONT FACE SONT PAR DÉFINITION INAPTES À LA NAVIGATION, À PARTIR DE L’INSTANT OÙ ELLES QUITTENT LES CÔTES LIBYENNES.
Selon le droit maritime, une situation de détresse est définie par : l’état de navigabilité de l’embarcation, la probabilité qu’elle atteigne ou pas sa destination finale, le nombre de personnes à bord par rapport au type et à l’état de l’embarcation, la disponibilité de carburant, d’eau et de vivres, la disponibilité d’équipements de sécurité, de navigation et de communication et leur état de fonctionnement, la présence de personnes nécessitant une assistance médicale d’urgence, de personnes décédées, de femmes enceintes ou d’enfants à bord, les conditions météorologiques et l’état de la mer (Règlement de l’UE n° 656/2014, art.9 (f)). (...)
« Fake news n° 5 » : L’action des navires d’ONG est illégale.
Les faits : L’ACTION DES ONG EN MER COMME SOS MEDITERRANEE EST LÉGALE… ET VITALE. (...)
SOS MEDITERRANEE A TOUJOURS OPÉRÉ DANS LE PLUS STRICT RESPECT DU DROIT MARITIME ET INTERNATIONAL.
Son action n’est donc pas illégale. Au contraire : elle s’inscrit dans un cadre juridique précis et une longue tradition maritime. (...)
« Fake news n° 6 » : Ce n’est pas de la responsabilité des citoyens de faire ces sauvetages.
Les faits : L’ASSISTANCE À PERSONNE EN DANGER EST UN DEVOIR POUR TOUT.E.S LES CAPITAINES. (...)
TOUT.E CAPITAINE D’UN NAVIRE A NON SEULEMENT LE DEVOIR MORAL MAIS ÉGALEMENT L’OBLIGATION LÉGALE DE PRÊTER « ASSISTANCE À QUICONQUE EST TROUVÉ EN PÉRIL EN MER. » (...)
« Fake news n° 7 » : La présence de navires de sauvetage pousse plus de personnes à prendre la mer.
Les faits : LES ATROCITÉS VÉCUES EN LIBYE POUSSENT DES FEMMES, DES HOMMES ET DES ENFANTS À FUIR PAR LA MER LORSQUE LA MÉTÉO LE PERMET. (...)
« Fake news n° 8 » : Les navires humanitaires vont chercher les gens directement en Libye.
Les faits : L’OCEAN VIKING PORTE SECOURS AUX EMBARCATIONS EN PERDITION DANS LES EAUX INTERNATIONALES. (...)
NOTRE NAVIRE N’ENTRE JAMAIS DANS LES EAUX TERRITORIALES LIBYENNES (ZONE S’ÉTENDANT SUR 12 MILLES NAUTIQUES DEPUIS LA CÔTE – SOIT PLUS DE 22 KILOMÈTRES), NI SUR LE TERRITOIRE LIBYEN. (...)
Face à ces fake news, SOS MEDITERRANEE réaffirme ses valeurs, son positionnement apolitique et non partisan, son strict respect du cadre légal et la transparence de son action. Car quelles que soient les difficultés, renoncer n’est pas une option : il n’est pas et ne sera jamais acceptable de laisser mourir des personnes en mer, aux portes de l’Europe.
Téléchargez le dépliant « Stop aux fake news sur le sauvetage en mer ».