Frédérique Perler, qui occupe pour un an la tête de l’exécutif local, s’est opposée à la venue du polémiste d’extrême droite dans une salle municipale, au nom des valeurs humanistes de la ville.
« Ce monsieur n’est pas le bienvenu. Sa présence n’est pas opportune dans un lieu géré par la ville ; ce qui la rendrait complice de la propagation de messages haineux (…) Nous serions en totale contradiction avec les politiques que nous menons et avec les valeurs que nous défendons. » Pour son unique sortie publique des deux dernières semaines, la nouvelle maire de Genève, Frédérique Perler, qui occupe le poste depuis le 1er juin, n’a pas fait dans la dentelle, dimanche 14 novembre, sur les ondes de RTS Radio.
Aussitôt lâchée, la phrase a fait bondir tous ceux qui, comme l’avocat genevois Marc Bonnant, estiment que la liberté de parole ne devrait jamais rencontrer de limitation. Lui-même devait finalement dialoguer, comme prévu, avec le polémiste d’extrême droite et presque candidat à la présidentielle française, le 24 novembre, mais dans une salle privée. (...)
Jusqu’où doit aller la tradition libérale d’une ville qui s’honore d’avoir servi de refuge aux persécutés de toutes origines, à commencer par les huguenots durant la seconde moitié du XVIe siècle ? Un discours de haine multicondamné par la justice d’un Etat voisin peut-il s’exporter de l’autre côté du lac Léman en toute tranquillité ?
Maire par rotation
Face à toutes ces questions, et à l’avalanche de requêtes, la mairie a simplement envoyé au Monde un texte de cinq lignes indiquant… qu’elle ne souhaite plus « communiquer sur le sujet ». (...)
Une surprise ? Pas vraiment. Même si elle reste une cité de banquiers et de grandes familles patriciennes et qu’elle abrite une importante communauté internationale en raison de la présence du siège de l’ONU en Europe et de plus d’une dizaine de grandes agences internationales et humanitaires, la ville est restée fidèle à son ancrage à gauche. (...)