Il y a quelques années, Jo Dassin chantait : "Au soleil, sous la pluie, à midi ou à minuit Il y a tout ce que vous voulez aux Champs-Elysées"... Et il y a presque un siècle, Sigmund Freud publiait "L’avenir d’une illusion", un livre dont le titre résume à lui seul le destin du programme macroniste.
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Voici cet extrait du livre de Freud :
"Il faut s’attendre à ce que ces classes laissées pour compte envient aux privilégiés leurs prérogatives et fassent tout pour se débarrasser de l’excédent de privation qui est le leur. Là où ce n’est pas possible s’affirmera au sein de cette culture un degré permanent de mécontentement qui pourrait bien conduire à de dangereuses révoltes. Mais lorsqu’une culture n’est pas parvenue à dépasser l’état où la satisfaction d’un certain nombre de participants présuppose l’oppression de certains autres, de la majorité peut-être - et c’est le cas de toutes les cultures actuelles -, il est alors compréhensible que ces opprimés développent une hostilité intense à l’encontre de la culture même qu’ils rendent possible par leur travail, mais aux biens de laquelle ils n’ont qu’une part trop minime. Quant à une intériorisation des interdits culturels, on ne doit pas s’y attendre chez les opprimés, bien au contraire, ces derniers ne sont pas prêts à reconnaître ces interdits, ils tendent dans leurs efforts à détruire la culture elle-même et à supprimer éventuellement jusqu’à ses présupposés. L’hostilité à la culture manifestée par ces classes est si patente qu’en raison d’elle on n’a pas vu l’hostilité plutôt latente des couches sociales mieux partagées. Il va sans dire qu’une culture qui laisse insatisfait un si grand nombre de participants et les pousse à la révolte n’a aucune chance de se maintenir durablement et ne le mérite pas non plus." 1
Ces derniers mots de Freud ne peuvent-ils pas s’interpréter, freudiennement s’entend, comme un soutien aux Gilets Jaunes et aux Black Blocs ? Dans ces lignes, Freud ne dit rien d’autre que cette réalité factuelle résumée par un slogan bien connu : "Qui sème la misère récolte la colère" (...)