La Paix Maintenant condamne le massacre à l’arme blanche de cinq membres d’une même famille, dont un bébé de trois mois, qui a eu lieu ce week-end dans la colonie d’Itamar en Cisjordanie. Une fois de plus, les extrémistes tentent de reprendre la main.
Sans solution politique le calme apparent ne saurait perdurer et l’immobilisme ne peut que préluder à de nouvelles flambées de violence.
Il y a urgence à proposer des initiatives politiques pour éviter que le pire ne devienne possible.(...)
Les soulèvements contre des rois, des sultans et des présidents régnant en autocrates en Afrique du Nord et dans le monde arabe suscitent un certain malaise chez les Palestiniens : comment se fait-il que, dans tous ces pays, le peuple remporte de tels succès contre des régimes d’oppression et qu’eux-mêmes restent sous la coupe de l’occupation israélienne qui dicte à Mahmoud Abbas, président de l’Autorité palestinienne, ce qu’il doit faire et ne pas faire ?
Quelles conclusions les Palestiniens peuvent-ils tirer de l’agitation qui secoue actuellement le monde arabe ?(...)
On sent un grand malaise dans la rue palestinienne. Les gens ont été profondément déçus par le déroulement du processus de paix et par l’attitude d’Israël et des États-Unis. La société palestinienne possède l’infrastructure technologique qui, en d’autres pays, a joué un rôle moteur dans les manifestations de masse - internet, téléphones portables, antennes paraboliques. L’ « élan générationnel », qui a tenu un grand rôle en Égypte, est prêt à entrer en jeu : la société palestinienne comporte une majorité de jeunes gens dont l’avenir est bloqué par l’occupation. La seconde intifada et la répression exercée avec une poigne de fer par Israël ont modelé l’adolescence de ceux qui ont aujourd’hui entre 20 et 30 ans, et constitué leur premier contact avec la politique.
Les soldats, les colonies, les points de contrôle et les restrictions de circulation font depuis longtemps partie de leur vie quotidienne. Il ne manque plus qu’une étincelle pour mettre le feu aux poudres. Déjà, la catastrophe s’écrit sous nos yeux. (...)