Très bon, très décapant livre-bilan d’un an de hollandisme par Laurent Mauduit de Mediapart : “L’Étrange capitulation” (éditions Jean-Claude Gawsewitch, 20,90 euros). Où l’auteur rapproche les capitulations en séries de l’équipe Hollande, avec “L’Étrange défaite” française de juin 40, sur fond de délitement moral des élites, racontée en son temps par l’historien Marc Bloch.
Même plus de précautions d’usage, de période transitoire pendant laquelle le nouveau pouvoir cherche à donner un petit verni de changement à ses électeurs. Comme Mitterrand entre 1981 et 1983, ou Jospin en 1997 lors de sa nomination comme Premier ministre. D’entrée, la capitulation sans conditions et sans gloire.
« Le pis est que leurs adversaires y furent pour peu de choses » (Marc Bloch).
(...) le nouveau président n’a rien d’un “étrange capitulard” sorti du diable vauvert. Hollande le reconnaît d’ailleurs presque implicitement dans la réponse lapidaire qu’il fait à l’envoi d’un ouvrage dédicacé par l’auteur :
« Je conteste la capitulation. Rien n’est étrange. »
Car il y a bien longtemps que nos hérauts socialistes ont choisi leur camp et rejoint le monde du “milieu” néolibéral, franchissant les derniers pas qui les conduisent à sa version anglo-saxonne la plus dure, pressés qu’ils sont par les coups de boutoirs de la “Grande perdition”. Une adhésion réfléchie bien plus qu’une capitulation, prévisible bien plus qu’étrange. (...)