Les gardes-côtes européens sont en train d’étudier si des avions de guerre israéliens seraient des outils utiles pour réprimer les réfugiés.
En septembre, l’Agence de management des frontières de l’Union européenne Frontex a annoncé le démarrage de vols d’essais de drones en Italie, en Grèce et au Portugal. Il y avait une omission majeure dans la déclaration de Frontex : le type de drones testé avait été utilisé auparavant pour attaquer Gaza.
Certains détails sur les compagnies impliquées dans ces essais ont été publiés plus tôt dans l’année. Un « avis d’attribution de marché » a révélé qu’Israel Aerospace Industries était l’un des deux soumissionnaires sélectionnés.
Israel Aerospace Industries est payée 5.,5 millions de dollars pour jusqu’à 600 heures de vols d’essais.
Le drone qu’Israel Aerospace Industries offre pour la surveillance maritime s’appelle le Heron.
Selon le propre site web de la compagnie, le Heron a été « éprouvé au combat ». C’est une expression codée signifiant qu’il a été employé pendant trois attaques majeures d’Israël contre Gaza pendant la dernière décennie.
Après l’opération Plomb durci, l’attaque israélienne sur Gaza de fin 2008 et début 2009, une enquête de Human Rights Watch a conclu que des dizaines de civils avaient été tués par des missiles lancés à partir de drones. Le Heron a été identifié comme l’un des principaux drones déployés dans cette offensive.
Frontex – qui expulse fréquemment des réfugiés d’Europe – a étudié les drones depuis un certain temps. Déjà en 2012, Israel Aerospace Industries avait présenté le Heron à un événement organisé par Frontex.
Par ses vols d’essais, Frontex permet à l’industrie de guerre israélienne d’adapter la technologie testée sur les Palestiniens à des fins de surveillance. (...)
En juin de cette année, l’Union européenne a publié une notice montrant que la compagnie israélienne Windward avait gagné un contrat de près de 1 million de dollars pour travailler à un projet d’« analyse maritime » organisé par Frontex. Gabi Ashkenazi, un ancien chef de l’armée israélienne, est conseiller à Windward ; David Petraeus, qui a commandé les troupes américaines occupant l’Irak et l’Afghanistan, est l’un de ses investisseurs.
Dans son [rapport annuel] 2016 (https://frontex.europa.eu/assets/Key_Documents/Annual_report/2016/Annual…), Frontex déclarait que les « les premiers pas avaient été faits afin de développer des relations « stratégiques » avec Israël. Frontex a ultérieurement exprimé son intention d’accroître cette coopération d’ici 2020.
Un point clé est « l’apprentissage mutuel ». Il est plus que probable qu’il s’agisse d’un euphémisme pour échanger des notes sur les tactiques qui devraient être utilisées contre les gens fuyant la pauvreté ou la persécution.
Israël a une réputation effroyable en ce qui concerne le traitement des réfugiés. (...)
Benjamin Netanyahu, le Premier ministre, les a étiquetés comme des « infiltrateurs ».
Un autre ministre du gouvernement a soutenu que les Africains ne peuvent être considérés comme des humains.
Selon l’agence de sondage Gallup, Israël est l’une des nations du monde les moins hospitalières pour les réfugiés. Malgré sa proximité géographique avec la Syrie, Israël a refusé l’entrée aux victimes de la guerre en cours.
L’an dernier, Netanyahu a été entendu disant aux dirigeants d’un groupe de pays connu comme le groupe de Visegrad (ou Visegrad 4) – la Hongrie, la Pologne, la République tchèque et la Slovaquie – qu’ils devraient fermer leurs frontières aux réfugiés. Il a aussi déclaré qu’Israël joue un rôle important dans la réduction de la migration vers l’Europe et suggéré qu’Israël devrait être récompensé pour cela.
L’identification d’Israël comme partenaire pour une « coopération stréatégique » avec Frontex est inquiétante en soi. Les préparatifs pour utiliser les outils de répression d’Israël contre les réfugiés navigant vers l’Europe le sont encore plus.