Bandeau
Marie-Claude Saliceti
Travail de fourmi, effet papillon...
Descriptif du site
Reporterre
La Zad du Testet apprivoise les journalistes et essaye la cacatapulte
Article mis en ligne le 1er novembre 2014

L’annonce de la suspension des travaux du barrage n’a pas suscité grande réaction sur la zone humide du Testet où les zadistes se retrouvent pris sous les feux d’une pression médiatique intense, avec des craintes du retour de la police mais aussi des chantiers de construction de nouveaux campements et une détermination intacte. Reportage.

Albi et Zad du Testet, reportage

« Carcenac démission, Sivens, abandon ». Le slogan rime et est répété par deux cents personnes rassemblées vendredi matin 31 octobrer devant le Conseil général du Tarn, à Albi. Essentiellement membres du collectif Testet, l’assemblée tranche avec les manifestations houleuses et très médiatisées de ces derniers jours. Il faut dire que l’essentiel des troupes est resté à Sivens. Depuis trois jours, chaque soir un petit vent de panique s’empare des occupants quant à savoir si une intervention policière interviendra. « Carcenac a dit que le chantier était suspendu mais n’a rien dit sur le retour des flics » analyse Manu. Tous sont encore sonnés par la violence qui s’est exercé dans la nuit de samedi à dimanche et qui a entraîné la mort de Rémi Fraisse.

Après deux mois de tension extrême, difficile de se sentir en sécurité. Manu raconte mal dormir, faire des cauchemars, « quand je marche dans la rue, j’ai l’impression qu’un flic ou un pro-barrage va me tomber dessus ». Si le traumatisme est là, il n’est pas dénué de fondements. La pression reste intense, avec des contrôles d’identité nombreux aux abords de Gaillac et de la D999, mais aussi par la re-mobilisation des groupes de riverains pro-barrages « ou plutôt anti-zadistes ». Groupes facebook menaçants, appel à défendre y compris de manière armée les villages contre toute nouvelle attaque des « casseurs ». Sans parler des récentes déclarations du porte parole de la FNSEA, Xavier Beulin, qui dénonçait les « djihadistes verts », occultant l’usage immodéré de la violence dont font parfois usage ses adhérents quand il s’agit de défendre leur modèle agricole.

Mais ce matin, à Albi, tout est calme, les cordons restent dans les rues adjacentes, pas de lacrymos, pour une fois. Il faut dire que l’action est foncièrement pacifique. Renonçant même à l’idée de bloquer la route le temps d’un sit-in, tout restera symbolique avec des pancartes et la bouche barrée d’un bout de scotch, manière de montrer une nouvelle fois que les opposants n’ont pas été entendus. (...)