L’extrême-droite se complaît à diffuser de fausses informations sur les aides sociales que percevraient les migrants. Mais ne dit rien sur les taxes élevées qu’ils doivent s’acquitter pour obtenir un titre de séjour. Un rapport parlementaire en appelle à une réduction (limitée) de ces taxes. (...)
L’extrême-droite et la fachosphère prétendent même qu’une carte bancaire serait offerte aux migrants leur permettant de retirer 40 euros par jour. Or le montant de l’allocation pour demandeur d’asile est de 6,80 € pour une personne (seule) ayant déposé un dossier de demandeur d’asile auprès de l’Ofpra (un couple avec trois enfants perçoit 20,40 €).
Mais ce que cette propagande se garde bien d’évoquer c’est le coût des titres de séjour. Les migrants et leurs défenseurs, eux, savent : un premier titre de séjour coûte 269 € (269 € également pour le conjoint et 139 € par enfant), autant pour le renouvellement qui peut avoir lieu un an après le premier. Si le séjour était irrégulier avant l’obtention du titre, le timbre fiscal s’élève à 340 € ! Le tout pouvant atteindre pour une personne seule 609 €. Il va sans dire que cela plombe la situation des personnes concernées qui sont sans le sou. Souvent les bénévoles se cotisent pour les aider à payer. L’État, qui encaisse ainsi 193 millions d’euros chaque année, ce qui est considérable, n’ignore rien de l’injustice de ce système. Un rapport parlementaire de deux députés, Stella Dupont (LREM) et Jean-François Parigi (LR) réclame une réduction de ces montants. (...)
Le rapport montre également la perversité d’un système plus dur encore pour ceux qui sont le plus en difficulté : « l’application de la réglementation est par ailleurs défavorable aux étrangers disposant de revenus limités et aux étrangers venant d’être régularisés. Plus un étranger dispose de revenus modestes, plus il peut être tenu de régler ces taxes régulièrement en raison notamment de l’accès restrictif aux titres de séjour pluriannuels. Cette situation accentue la précarité des assujettis et va à l’encontre du nouvel élan donné à la politique d’intégration ». (...)
Quant au président de la mission, Jean-François Parigi, il y va de son couplet perfide : « l’argent public sert au paiement de taxes imposées par l’État ». Il ne leur vient pas à l’idée à ces deux élus de droite ce que l’on constate sur le terrain, à savoir que les bénévoles se cotisent, à leurs seuls frais, pour rassembler l’argent nécessaire.
Le rapport conclut qu’il faut réduire le nombre de taxes, avec des montants en tarifs ronds, et d’en réduire le montant. Mais ces propositions restent limitées, puisque leur coût est évalué à 38 millions d’euros, soit moins de 20 % de ce que ces taxes rapportent actuellement.
On peut s’attendre à ce que les associations, qui dénoncent depuis longtemps ce racket sur les migrants, se saisissent des constats du rapport et de cette mise en lumière, pour remonter au front à ce sujet. (...)