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Marie-Claude Saliceti
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Les armes de la terreur et la passoire de l’Europe
Article mis en ligne le 17 mars 2016

C’est une première. Neuf médias européens (dont Mediapart) se sont réunis autour d’un nouveau réseau d’enquête, l’European Investigative Collaborations (EIC), qui publiera, vendredi 18 mars, sa première grande enquête internationale.

Fruit de trois mois de travail, cette enquête portera sur « les armes de la terreur ». Ou comment les terroristes qui ont ensanglanté l’année 2015 en France ont pu, malgré la clandestinité à laquelle ils sont astreints, se procurer avec la plus grand facilité des quantités d’armes mortelles — pistolets ou kalashnikovs — en profitant des failles béantes de la législation européenne et de la faiblesse du contrôle de certains pouvoirs publics, qui se sont révélés aveugles et sourds aux alertes. (...)

L’objet de l’EIC est purement journalistique : nous collaborons à l’échelle européenne sur des enquêtes en profondeur, chaque média partenaire assurant l’exclusivité des découvertes de l’EIC dans son pays.

Partout dans le monde, des réseaux d’investigation équivalents se développent depuis quelques années. Nous pensons qu’il s’agit d’une innovation non seulement durable mais essentielle pour la documentation et la compréhension de sujets d’intérêt public (trafics d’armes, corruption, terrorisme, santé, etc…) qui dépassent très largement les frontières de tel ou tel pays. (...)

Par leur structure et leur méthodologie, ces réseaux collaboratifs de journalisme, comme l’International Consortium of Investigative Journalism (ICIJ), à l’origine par exemple du scandale LuxLeaks, constituent l’un des rares mécanismes qui permettent d’appréhender les structures globalisées du pouvoir — qu’il s’agisse de gouvernements ou d’entreprises. Ils sont, dès lors, une inévitable voie de progrès pour le journalisme et l’information du public.

L’EIC travaille sur un principe d’échanges et de mutualisation maximum, d’idées, d’intuitions, de verbatims d’entretien, de documents confidentiels. Libre ensuite à chaque journal partenaire d’écrire les articles qui lui semble les plus utiles pour ses lecteurs. (...)