Emmanuel Macron n’a pas coutume d’attacher beaucoup d’importance à la vérité. Encore moins en campagne présidentielle. Sur l’apprentissage à 12 ans, la retraite à 65 ans, le pouvoir d’achat ou McKinsey, Bernard Marx rétablit les faits. (...)
France Inter
EmmanuelMacron :
: "Tout le weekend, une fake news a été relayée par Jean-Luc Mélenchon. Jamais je n’ai dit qu’à 12 ans il fallait mettre des jeunes en apprentissage. J’ai dit qu’il fallait permettre à des enfants de connaître des métiers. Ca n’a rien à voir." #le79Inter (...)
« Alors, un, ce qu’on veut faire, c’est aussi ce qu’on a commencé avec la réforme de l’assurance chômage. On va la continuer. Parce que les gens qui sont demandeurs de droits, quand il y a des emplois vacants, qu’on les oriente et qu’on soit plus directifs. Deux, former parce que si vous avez besoin de formation, on a mis le paquet pour former justement sur ces métiers, là où il y a des besoins. Trois, on a besoin de mieux connaitre vos métiers. Et donc alternance, apprentissage et orientation dès la 5ème, pour connaitre et faire connaitre ces métiers. Vous êtes prêts à prendre des apprentis ?
– Tout à fait
– Mais alors là pour le coup, si vous êtes prêt à prendre des apprentis, on va vous en trouver ! »
Apprentissage : l’explosion du travail quasi gratuit
« L’effet sur l’emploi des entrées en apprentissage est très important. Si on estime que le stock de contrats en cours avoisine 900.000 fin 2021, contre 478.000 fin 2019, 422.000 emplois d’apprentis auraient été créés en deux ans expliquant l’immense majorité des emplois créés depuis 2019. La très forte baisse du taux de chômage, notamment le chômage des jeunes, reposerait donc sur une contribution très importante de l’apprentissage, lui-même dopé par un niveau de subvention atypique (niveau inédit des aides allouées à des emplois du secteur marchand, ampleur des populations éligibles, faiblesse des contreparties demandées aux employeurs, mais aussi durée de ce soutien justifié par la crise sanitaire qui ne cessera que fin juin 2022). »
OFCE, Le marché du travail au cours du dernier quinquennat, Policy Brief, 17 mars 2022 (Page 103 du document)
Sur la retraite à 65 ans : quatre bobards pour un enfumage
France Inter
EmmanuelMacron : "Aujourd’hui, en moyenne, en France, on ne s’arrête pas de travailler à 62 ans. La moyenne est à 63,5 ans. Et plusieurs millions de nos compatriotes travaillent jusqu’à 67 ans. Il y a une forme d’hypocrisie." #le79Inter #Elysée2022 (...)
Mensonge numéro 1. Actuellement, l’âge moyen de départ en retraite n’est pas de 63,5 ans mais de 62,2 ans (62,5 pour les femmes et 61,9 pour les hommes. Il est en augmentation depuis 2010, mais moins fortement depuis 2016). (...)
Mensonge numéro 2. L’âge de cessation d’activité n’est pas le même que l’âge de départ en retraite, compte tenu des droits à la retraite pour carrière longue, des problèmes de santé et du sous-emploi des séniors de plus de 55 ans. L’âge effectif moyen de sortie du travail est de 60,6 ans pour les femmes et 60,5 ans pour les hommes. (Données OCDE 2019).
Mensonge numéro 3. Il n’y a pas plusieurs millions de personnes qui vont travailler jusqu’à 67 ans. Il y en a au maximum 150 000. Dont la moitié cumulent un emploi et une retraite et 40% sont des non-salariés. (...)
Heureusement le système de retraite français permet à la grande majorité de la population de partir à la retraite avant 67 ans. L’âge de 65 ans à partir duquel on peut partir à la retraite sans décote, même si les durées de cotisations sont insuffisantes, est passé à 67 ans. Il n’existe pas encore de statistique sur l’impact de ce recul. Selon le COR, les départs à la retraite à 65 ans pour éviter la décote représentent environ 12% des retraités d’une génération. Soit moins de 100.000 personnes. Les femmes sont plus nombreuses que les hommes. Il est probable que le nombre de personnes qui retarderont de deux ans supplémentaires leur départ à la retraite va augmenter. Mais Emmanuel Macron ajoute un trucage supplémentaire en disant que ces personnes, souvent des femmes, vont travailler jusqu’à 67 ans. Au contraire, elles seront massivement sans emploi et sans chômage.
Mensonge numéro 4. « C’est pour permettre les progrès que sont les 1100 euros (de retraite minimum pour une carrière complète) ». Rappelons que porter la retraite minimum à 1 000 euros pour une carrière complète faisait partie des promesses marconiennes post crise des gilets jaunes. Elle est passée sous le tapis. (...)
Sur le pouvoir d’achat
BFMTV
Emmanuel Macron : "Dès cet été, je veux permettre aux travailleurs de toucher une prime de pouvoir d’achat allant jusqu’à 6000 euros, sans charge ni impôt" (...)
Le retour du quoi qu’il en coûte budgétaire pour compenser les effets des hausses de prix de l’électricité du gaz et de l’essence a ses limites. Il compense très insuffisamment la détérioration de la situation de celles et ceux qui ont déjà le plus de difficultés, qui font de grandes distances en voiture, ou dont les logements sont des passoires thermiques. La remise de 15 centimes sur le litre d’essence prévue seulement jusqu’à juin, est nettement insuffisante et mal ciblée pour compenser la hausse des prix.
D’autre part sur les 20 milliards annuels annoncés plus du tiers sera prélevé sur EDF au détriment de sa situation financière.
Si le vrai pouvoir d’achat est celui qui vient du travail, alors il faut augmenter les salaires dans le privé et les rémunérations dans la fonction publique. Là est la dignité, là est le respect, là est la voie pour la qualification de celles et ceux qui travaillent. Les prix accélèrent, même en tenant compte des « chèques énergie ». Mais les hausses de salaires décidées en début d’année ne sont pas calées sur cette accélération. Il y a une menace de baisse massive du pouvoir d’achat des salaires. Seul le mécanisme d’ajustement du SMIC ralentit cette baisse. Mais il faudrait une revalorisation du SMIC et des salaires. Et Emmanuel Macron s’y oppose.
Au lieu de quoi, il veut tripler la mise de la prime d’activité. Comme un marchand de foire il met des gros chiffres sur la table. Rendez- vous compte 6000 euros ! Enfin il propose. Car si le Candidat président veut bien mettre sur la table, trois fois plus de baisse de charge et trois fois plus de non-imposition, tout dépendra des patrons et de leur bon vouloir. Ce ne sont plus les salaires qui font le pouvoir d’achat, ce sont les baisses d’impôt et de cotisations sociales. La même politique que celle préconisée par Marine Le Pen ou Valérie Pécresse. Pour le coup cela vaut donc la peine de faire un petit bilan de la PEPA, la prime exceptionnelle de pouvoir d’achat mise en place pour solder la crise des gilets jaunes. En 2021, elle a été perçue par 4 millions de salariés, soit moins d’un salarié sur cinq (un chiffre en baisse). Ne sont éligibles que les salariés qui gagent moins de trois fois le SMIC. Le montant moyen est de 500 euros environ. Surtout elle présente deux défauts majeurs. Elle diminue les ressources de la protection sociale. Et elle tend à remplacer les hausses de salaires, pas à défendre et augmenter le pouvoir d’achat.
Sur les impôts McKinsey (...)
Le candidat-président n’a pas un mot dans son programme, sur l’évasion et la fraude fiscale. Devant le « scandale McKinsey » il essaye à une bien pauvre contre-attaque. (...)
Contrairement à ce que prétend Emmanuel Macron la transposition européenne de l’impôt minimal mondial n’est pas faite. Le mensonge est assez grossier puisque le 15 mars, les ministres des finances de l’Union européenne, réunis sous la présidence de Bruno Le Maire, ne sont pas encore parvenus à se mettre d’accord.
En tout état de cause le texte sur la table, aboutirait à ce que McKinsey paierait 15% sur ses bénéfices français dans le Delaware aux USA et non en France. Encore faudrait-il qu’il déclare des bénéfices en France et donc que l’on agisse ici et maintenant contre l’utilisation abusive et caricaturale des prix de transferts.
Ce point du programme de Macron devrait être connu de tous et discuté dans les médias.
Je ricane en pensant aux politistes qui continuent à qualifier Macron de "centriste". pic.twitter.com/PkGj9pzJ1k— Bruno Amable (@bruno_amable) April 7, 2022
Dans un entretien au Figaro, Emmanuel Macron assure se reconnaître "dans ce qu’a défendu Sarkozy", notamment sur "les questions du travail et du mérite mais aussi de l’immigration".
Macron est de droite et de droite.
— Maxime Combes #AlloBercy (@MaximCombes) April 7, 2022
Ne pas oublier que Macron propose "une privation de droits civiques pour ceux qui s’en prennent aux dépositaires de l’autorité publique", c'est à dire que toute personne dont un policier aura décrété qu'on lui a porté atteinte pourrait ne plus voter.
C'est totalement dingue.
— Vilain Syndicaliste (@MarxFanAccount) April 7, 2022