Parmi toutes les stratégies rhétoriques destinées à légitimer des politiques d’immigration de plus en plus restrictives, brutales et attentatoires aux droits fondamentaux, il en est une qui a connu un remarquable essor ces dernières années – et plus encore ces derniers mois. Il s’agit de la thématique des « filières » de « passeurs » qui « exploitent » la détresse des migrants. Cette thématique, en diabolisant les passeurs (tous assimilés à des « réseaux mafieux » et à des « esclavagistes ») et en réduisant les migrants au rang de pures victimes, permet du même coup de parer de vertus humanitaires les mesures gouvernementales les plus cyniques, et de criminaliser toute solidarité de terrain avec les migrants, qu’elle soit individuelle ou associative.
Parce qu’elle est devenue l’un des principaux moyens de justifier l’injustifiable, sinon le principal, cette rhétorique particulièrement fallacieuse doit d’urgence être déconstruite : c’est ce que s’emploie à faire, de manière minutieuse, le texte qui suit, rédigé par le collectif Cette France-là. (...)