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Divers gens
Marinaleda, Divers Gens et moi et moi et moi
Article mis en ligne le 30 novembre 2013

(...)J’ai com­mencé ma thé­ra­pie il y a deux semaines à l’Utopia pour une réunion de pré­sen­ta­tion du mou­ve­ment Divers Gens. Un mou­ve­ment cher­chant à pro­po­ser une liste de citoyens pour les élec­tions muni­ci­pales de la ville de Bor­deaux. Une tren­taine s’était pré­sen­tée au rendez-vous. Cha­cun y alla des rai­sons qui l’avaient amené là. J’adore ces moments où cha­cun, si dif­fé­rent, confie son envie de “nous”.

Il fut conclu que les dif­fé­rences n’avaient pas à s’effacer dans ce mou­ve­ment, Divers Gens, pour jus­te­ment reve­nir à la parole démo­cra­tique et sor­tir des logiques de super­struc­tures des par­tis et syn­di­cats actuels aux­quels on adhère pour fina­le­ment né pas être mieux entendu, ni plus acteur qu’avant qu’on y adhère. Ici, pour moi, c’est du “Nous” qu’il faut avant tout recréer. (...)

Depuis nous sommes allés par­ler de notre mou­ve­ment dans un Café Repaire sur Baca­lan, le “Bar de la Marine”. Là Jean Ortiz, pré­sen­tait l’expérience de Mari­na­leda, ce vil­lage qui s’est construit autour de la lutte contre un grand pos­sé­dant anda­loux. Après 10 ans de luttes ses habi­tants ont obtenu 1600 hec­tares si ma mémoiré est bonne. Il s’agissait pour nous d’en entendre davan­tage à ce sujet que nous connais­sions déjà.Si ça reste un vrai plai­sir d’entendre Jean Ortiz nous en par­ler, il est tou­jours com­pli­qué de ne pas s’arrêter à la simple contem­pla­tion d’un magni­fique ailleurs. (...)

Pour­quoi aussi créer encore un parti, cela ne revient-il pas encore à sim­ple­ment affi­cher sa dif­fé­rence, ris­qué évident de ce genre de mouvement ?

Tout sim­ple­ment parce que les grands par­tis et syn­di­cats sont sclé­ro­sés par leur ver­ti­ca­lité et ont adopté des pos­tures de ges­tion­naires. Ces der­niers sont res­pon­sables, et doivent l’assumer enfin de la déli­ques­cence de leurs mou­ve­ments, et même à mon sens, de la mon­tée du FN. Ils ont peu à peu dégoûté la popu­la­tion de l’idée de faire de la poli­tique. L’heure n’est donc plus à la rai­son et à la logique de parti. Non, l’urgence est de rêver, de s’éclater en mil­liers de mou­ve­ments s’il le faut. Arrê­ter de se mettre à la place de son pro­chain et se mettre dans la sienne propre et se deman­der par quel bout com­men­cer à s’impliquer.

Bien sûr il ne devient pas inutile de s’encarter dans un parti ou un syn­di­cat. Cha­cun son trip, accro­chons nous au moindre fil qui passe par là et sui­vons le où il nous amène. Pre­nons plai­sir. Si c’est dans un grand parti alors je sug­gère quand même de pen­ser de redou­tables outils pour faire que celui qui doit nous repré­sen­ter le fasse. En haut de la pyra­mide, on le sait bien, l’air n’est pas le même.

L’heure n’est pas à la pyra­mide. Elle est au groupe, aux groupes qui doivent retis­ser une logique et une force d’action, des réseaux de connais­sances avant tout. (...)