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Marie-Claude Saliceti
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le Monde Diplomatique
Paris-barricades
Eloi Valat, La Semaine sanglante de la Commune de Paris, préface de Marie-Hélène Roques, Bleu autour, Saint-Pourçain-sur-Sioule, 2013, 157 pages, 28 euros.
Article mis en ligne le 23 septembre 2013
dernière modification le 17 septembre 2013

On pourrait assez logiquement penser qu’un ouvrage consacré à la fin de la Commune de Paris (1871) suscite la mélancolie, sinon l’abattement devant l’extermination des fédérés. Or ce dernier volume (1) de la trilogie que le peintre et illustrateur Eloi Valat lui a consacrée soulève bien davantage une admiration têtue pour ces insurgés qui avaient tout à inventer dans des conditions aussi hostiles et dans un rapport de forces aussi inégal.

Les illustrations de Valat, scandées par le rouge et le bleu, formidablement stylisées de façon à offrir une vision froidement cauchemardesque, brutalement antiréaliste, évoquent Georg Grosz et Valerio Adami. Leur vigueur inventive, tant dans le dessin que dans les changements de focale, qui font passer d’une vue d’ensemble à un gros plan, décape les clichés attendus de la guerre et de ses morts. En regard, des textes officiels, tant de la Commune que des versaillais, rapports de délégués à l’inspection des barricades ou d’officiers de l’armée « régulière », extraits de L’Insurgé de Jules Vallès — responsable de la grande barricade de Belleville, la dernière à tomber —, lettres de délation, témoignages (...)