(...) Il est fondamental que se développent des initiatives locales et solidaires, depuis les monnaies locales jusqu’aux coopératives de consommation ou de travail. Mais l’économie sociale et solidaire ne peut se développer suffisamment pour provoquer par contagion un changement réel dans la société. Il faut aussi un gouvernement prêt à prendre des mesures, à changer les lois, à changer la constitution, à résister aux accords internationaux…
C’est pourquoi, si nous voulons avancer vers une transition écologique, il est surtout nécessaire de contrôler la production et la distribution de l’énergie. Démanteler les centrales nucléaires ou thermiques implique que l’État prenne le contrôle du secteur énergétique et le transforme en service public. Dans le cas de la banque, je vois un processus similaire : pour affronter les grandes banques comme BBVA et Santander, tu dois affronter le secteur bancaire dominant, même si on peut développer aussi la banque éthique. Ce sont les tâches d’un gouvernement soutenu par le peuple. L’économie sociale et solidaire est très importante et nous devons nous y impliquer, mais sans laisser de côté la lutte institutionnelle pour des changements structuraux.