C’est la récompense la plus prestigieuse pour un journaliste. C’est en quelque sorte le "Goncourt du journalisme de langue française". Cette année, le prix presse écrite a été remis à Bordeaux au journaliste marseillais, Philippe Pujol, pour son enquête sur la violence sociale dans un quartier de la cité phocéenne, publiée par épisodes dans le journal "La Marseillaise" en 2013. Cette remise de prix à Bordeaux fut aussi l’occasion de consacrer une journée de réflexion au journalisme d’investigation en France et dans le monde entier. Les débats se sont déroulés à l’IJBA (Institut de journalisme Bordeaux Aquitaine).
Ce n’est pas un mais deux Prix Albert Londres qui ont été remis hier soir au Palais de la Bourse. Un en catégorie reportage télé à l’équipe d’Envoyé spécial Julien Fouchet, Sylvain Lepetit et Taha Siddiqui pour “La Guerre de la polio”, tourné au Pakistan. L’un des lauréats a d’ailleurs fait Sciences Po Bordeaux. Le prix “presse écrite” a, quand à lui, été remis à Philippe Pujol, de “La Marseillaise”, pour “Quartiers shit”.
"Nous sommes dans une période charnière, celle de l’émergence du journal sur le web et celui "papier", qui est malmené. Ce qui interroge le plus, c’est la situation des reporters. Ils sont de moins en moins nombreux à observer les hommes, les conflits à la loupe. (...)
Au delà du journalisme, c’est la sauvegarde de la démocratie
L’après-midi, Marie-Maude Denis, journaliste à Radio Canada a raconté comment elle a enquêté sur la mafia au Québec et les malversations dans l’industrie de la construction. Une enquête à hauts risques où elle a été menacée. Mais, son courage a porté ses fruits. Elle a réussi à produire les preuves, les notes de frais notamment attestant des liens entre la mafia et des grands patrons du BTP, qui s’étaient arrangés entre eux pour surfacturer les travaux de 30%. "Au total, la fraude a avoisiné le milliard de dollars", dénonce-t-elle. Mais, les journalistes ont su aussi unir leurs forces et publier leurs papiers d’enquête le même jour, afin de se protéger contre des représailles trop personnelles. (...)